La Fille automate – Paolo Bacigalupi

La Fille Automate Paolo Bacigalupi

Présentation

Vu la flopée de prix qu’avait récolté La Fille Automate (Hugo, Nebula et Locus, excusez du peu, pour un premier roman ! et même le prestigieux prix Planète-SF 2012 😉   ), je craignais un peu d’en aborder la lecture, pensant que le livre serait un peu trop exigeant pour mon petit cerveau. Mais après Ferrailleurs des Mers, que j’avais bien aimé, Paolo Bacigalupi n’était plus un inconnu et je me suis donc lancé. Et je ne le regrette pas !

Résumé (source éditeur)

Fin du XXIe siècle, après le grand krach énergétique, la calorie est devenue l’unité la plus recherchée. Anderson Lake travaille en Thaïlande pour AgriGen, une multinationale agroalimentaire. Sa couverture de gérant d’usine lui permet de passer au peigne fin les marchés des rues de Bangkok à la recherche de denrées que l’on croit disparues. Là, il rencontre Emiko.

Emiko est la Fille automate, une belle et étrange créature abandonnée. Emiko n’est pas humaine, elle fait partie du Nouveau Peuple, c’est un être artificiel élevé en crèche et programmé pour satisfaire les caprices décadents d’un homme d’affaires de Kyoto.

Considérés comme des êtres sans âme par certains, comme des démons par d’autres, les automates sont des esclaves, des soldats et des jouets pour les plus riches dans ce futur proche et effrayant où les sociétés de calories dirigent le monde. L’ère du pétrole est passée, et les effets secondaires des pestes génétiquement modifiées ravagent la terre.

Qu’arrive-t-il quand les calories deviennent monnaie ? Quand le bioterrorisme devient un outil de profit pour les entreprises ? Quand les dérives génétiques dudit bioterrorisme forcent l’humanité à basculer dans l’évolution posthumaine ?

L’Auteur (source éditeur)

Les nouvelles de Paolo Bacigalupi ont été publiées dans de nombreux journaux et magazines de SF. Ses fictions ont été sélectionnées pour les prix Nebula et Hugo et il a remporté le prix Théodore Sturgeon de la meilleure nouvelle en 2006. Il écrit également des essais, publiés dans de nombreux journaux américains. Il a remporté les prix Hugo, Nebula et Locus 2010 avec La Fille Automate. Il vit dans l’Ouest du Colorado avec sa femme et son fils.

Mon avis

Ce qui frappe de prime abord dans La Fille Automate, c’est la façon dont l’auteur dépeint de façon très réaliste un monde  situé dans un futur pas très lointain, et dans lequel les hommes survivent à un désastre écologique qu’ils ont largement contribuer à causer, en grande partie par appât du gain. Pas besoin d’extrapoler beaucoup par rapport aux crises sanitaires, aux problèmes avec les OGM, attaques informatiques ou crises de l’énergie que l’on voit à chaque journal télévisé pour se douter de ce qui nous pend au nez un de ces jours…

On retrouve d’ailleurs des thématiques déjà entrevues dans Ferrailleurs des Mers, Bacigulapi partageant cet univers dans les deux oeuvres. Des préoccupations écologistes qui crédibilisent l’ensemble, sans pour autant verser directement dans le militantisme.

Un autre aspect est la description d’une Thaïlande exotique, parfois rétrograde mais aussi ancrée dans la modernité, et très bien décrite. Tout comme les personnages, très divers mais aussi fouillés et attachants. Entre l’industriel de l’agroalimentaire, les policiers locaux à la probité parfois discutable, le génie dépravé et malade, et bien sûr la splendide androïde qui, tel les ailes du papillon, va déclencher une réaction en chaîne qui va tout faire basculer, chacun à son rôle dans cette fresque de haute volée. Et en filigrane, après la dénonciation d’un monde qui va bien mal, peut-être une fragile lueur d’espoir…

Bon, pour être aussi honnête que possible, il existe quelques incohérences sur lesquelles on aura l’indulgence de passer, pris par ce récit haletant.

Un formidable voyage dans un futur hélas bien proche.

A lire aussi, d’autres avis chez :

AnudarEfelle – Gromovar – LorhkanTigger Lilly – Naufragés Volontaires – RSF blog Jae_Lou – …

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20 réflexions sur « La Fille automate – Paolo Bacigalupi »

  1. Il me semble que c’est une futur un peu plus éloigné que cela (la page Wikipédia anglaise parle du XXIIIe siècle, sans citer de références, et le livre ne mentionne aucune date, si je me souviens bien).

    Sinon, je dois avouer avoir quelques réserves, surtout sur certaines des scènes montrant l’exploitation d’Emiko. Leur crudité n’amène rien et ne sont pas dans le ton du reste de l’ouvrage,

    Sinon, c’est du tout bon et l’aspect culturel thaï, en plus du contexte « biopunk », amène une vraie touche d’originalité au bouquin.

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    1. Quand je parle de « futur proche » c’est par les menaces qui sont évoquées, après la datation précise est secondaire.
      C’est vrai qu’il y a des passages très crus, peut-être pour souligner l’aspect « objet » (en l’occurrence sextoy) de l’androïde. L’auteur aurait pu édulcorer mais c’est aussi ce qui explique le passage à l’acte.
      Et c’est vrai que d’avoir localisé le récit en Thaïlande change pas mal de choses…

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      1. Oui là c’est beaucoup mieux, il se passe des trucs autres que leur train-train. Mais je n’ai pas dit que j’aimais pas la première partie, je trouve juste que la moitié du bouquin pour planter le décors et les personnages, c’est un poil long.

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  2. Un bouquin pas facile mais qui en effet a déjà presque gagné ses galons de classique. Ça vaudrait la peine de revenir dessus d’ici une 20aine d’années pour voir s’il a tenu la distance.

    Tu parles de quelle genre d’incohérences ? Je n’ai pas le souvenir d’en avoir vu mais bon ma mémoire est une passoire.

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    1. Les début est un peu ardu avec pas mal de termes assez techniques.
      Parmi les incohérences (attention spoilers): le contremaître chinois qui survit à tout (y compris les maladies, les changements de « maîtres », les voyous, incendies et autres…), un chapitre un peu incongru sur la fille automate dans son immeuble (un flashback ? mais pas explicite), la fin carrément « irréaliste » et hautement improbable… Il y en a quelques autres mais je ne les ai pas en tête, là, tout de suite. Rien de très gênant, cependant.

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  3. J’étais pourtant persuadé d’avoir posté un commentaire sur ton post. Il faut croire que les problèmes de mémoire auxquels tu fais sans doute face depuis plusieurs décennies déjà finissent par me rattraper également. ^^

    Quoi qu’il en soit, suis bien content de voir que tu as apprécié cette lecture. Je continuerai donc à suivre ton blog, même si parfois, je me demande si tu le mérites vraiment… ^^

    (Dis Xapur, à quel moment en est-on venu à s’envoyer des vannes à chaque commentaire ? Là aussi, c’est un truc qui m’échappe ;-p)

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