La Chasse Sauvage du Colonel Rels – Armand Cabasson

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Après Même par Mort de Jean-Philippe Jaworski, et Mordred de Justine Niogret, voici le troisième ouvrage mis en avant lors de la Rentrée de la Fantasy Française par les Indés de l’Imaginaire (constitué des éditeurs Les Moutons Electriques, Mnémos et ActuSF). Un recueil de nouvelles d’Armand Cabasson, auteur que je découvre par la même occasion.

A vrai dire, le terme de fantasy n’est pas ce qui caractérise le mieux ce recueil, car celles-ci lorgnent surtout du côté du fantastique (et encore une ou deux n’y sont même rattachées que de très peu). Voici mon avis sur les différentes nouvelles.

1348. Dans un Moyen-Age différent de celui que notre Terre a connu, Londres est ravagé par la guerre contre le Roi Peste. Un ambassadeur devra se frayer un chemin dans des rues emplies de visions cauchemardesques pour aller négocier avec l’ennemi. Des visions dantesques pour ce récit au décor très fort en évocation, mais une fin trop rapidement menée et décevante.

La Chasse Sauvage du Colonel Rels. Un récit de guérilla pendant la Guerre de Sécession américaine, période qu’aime visiblement bien l’auteur. Court, détaillé, animé, une nouvelle qui ne relève du fantastique que dans ses dernières lignes.

L’Héritage. Le Japon médiéval, là encore une période fétiche d’Armand Cabasson. Avec une histoire de guerre de clans, là encore très détaillée mais qui manque de rythme.

Le Roi Dieu-Loup. Des vikings, des saxons, de la bagarre sanglante, des berserkers et des… loup-garous ? Ou comment faire s’affronter les « sauvages » (à tous les sens du terme) et des guerriers à peine plus civilisés. Un peu trop descriptif mais plutôt réussi.

Giacomo Mandeli. Une histoire de peintre qui cherche l’inspiration pendant l’Inquisition, car il doit faire le portrait du diable ! Pas si facile, n’est-ce pas ? Une bonne idée de départ, mais une fin décevante.

Les Chuchotements de la Lune. Retour dans le Japon féodal avec cette courte histoire, entre poésie et guerre, qui m’a laissé indifférent.

Saint Basile le Victorieux. Cette fois, voyage en Russie, avec une cathédrale, enjeu de guerres de religions. Original même si toujours un peu trop descriptif.

Le Minotaure de Fort Bull. On retrouve ici le personnage de la très belle couverture (enfin, presque) lors d’une bataille de la Guerre de Sécession – le siège d’une forteresse qu’on peut apparenter à un labyrinthe. Bien mené, j’ai aimé ce récit écrit à la première personne, sans doute mon préféré du recueil.

Les Mange-sommeil. La rencontre entre une petite fille qui a perdu son frère, et un lutin dont la soeur est morte. Hélas, je n’ai pas ressenti d’émotion pour ce texte que j’ai trouvé assez maladroit.

Une interview en fin de volume permet de mieux connaître Armand Cabasson, ses sources d’inspiration et sa façon de travailler. Elle est disponible sur le site d’ActuSF.

On l’aura compris, le recueil La Chasse Sauvage du Colonel Rels est une petite déception. Il y a certes le fait qu’il ne relève pas vraiment de la fantasy (enfin, pas au sens où je l’espérais en tout cas, et bien loin des autres textes mis en avant dans cette Rentrée de la Fantasy Française). Mais aussi, et surtout, la déception devant des histoires très détaillées dans la description de l’univers, mais au détriment du rythme et de l’intrigue. Pour faire un parallèle avec le cinéma, je dirai que les décors sont superbes mais le scénario un peu trop léger… Dommage, car j’ai l’impression qu’Armand Cabasson a du potentiel.

D’autres avis chez : Cédric JeanneretMonstres et Merveilles – SFFF 100% VFLorhkan

Une lecture qui compte pour le Challenge JLNN.

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Et aussi pour le challenge Francofou.

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8 réflexions sur “ La Chasse Sauvage du Colonel Rels – Armand Cabasson ”

  1. Bon, je jugerai par moi même quand je l’aurai lu, ce qui devrait se faire bientôt.
    J’espère être moins déçu que toi, cet auteur me paraît avoir un style et des idées intéressantes.

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  2. L’interview en fin de roman m’a donné l’impression qu’ActuSf cherchait à vendre son auteur. Comme si les nouvelles ne suffisaient pas à justifier la place du roman dans le catalogue. Du coup, on dirait que l’interview vise seulement à crédibiliser un peu l’auteur. Comme pour les « Mange-sommeils » par exemple, une histoire maladroite, comme tu le disais, qui n’est touchante qu’à la lumière de l’interview. Si l’auteur est obligé d’expliquer en quoi ces nouvelles sont émouvantes, c’est qu’il y a un problème. C’est le cas aussi dans la narration. Certaines fins sont mal amenées, résumées par de plates explications.
    Concernant la couverture, même si j’aime beaucoup le travail de Lasth, je trouve que la nouvelle du minotaure aurait mérité une illustration moins littérale et plus sombre.
    Sinon, je partage pleinement ton avis. Ce recueil est un drôle de choix pour la naissance du collectif « les indés de l’imaginaire ».

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    1. Je pense que l’interview peut être sympa pour que l’auteur explique un peu son travail sur les textes qu’on vient de lire auparavant – ici c’est un peu un mix, il faut dire aussi que Cabasson n’est pas très connu. (Après, on ne peut pas reprocher à l’éditeur de croire en ses auteurs^^).
      Sinon, tu parles sur ton blog de « pétard mouillé », c’est exactement ça, des histoires intéressantes mais mal finalisées.

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