Fiction tome 17

fiction 17 60 eme anniversaire

Mon premier numéro de la mythique revue Fiction sera aussi mon dernier !

Croyez-le ou pas, je n’ai jamais lu de numéro de la revue anthologique Fiction. Pourtant celle-ci est souvent citée en référence, étant l’une (la ?) plus ancienne, mais je n’en avais jamais croisé d’exemplaire. Il faut croire que sa distribution dans les réseaux où j’achète était assez faible, voire inexistante, alors que je trouve assez facilement la revue Bifrost, dont je parle ici régulièrement. Enfin, je ne dois pas être le seul dans ce cas, car mes blogs préférés n’en parlent jamais non plus…

Bref, ce tome 17 fête les 60 ans de la revue Fiction, qui a eût plusieurs périodes, dont un arrêt pur et simple de 15 ans (!) avant d’être relancé par l’éditeur Les Moutons Electriques. Par rapport à un Bifrost, le numéro est sobre, voire austère, j’aime assez le style mais cela manque quand même de couleur et il n’y a quasiment pas d’illustrations ni de photos (le 60ème anniversaire n’est pas vraiment festif^^). Par contre, le volume est là, plus de 350 pages de nouvelles et d’articles, pour une publication semestrielle.

Pour les articles, je retiendrai particulièrement ceux de : Dominique Warfa (qui revisite l’histoire de Fiction, et par là même de la SF en France, même si quelques zones d’ombre sans doute gênantes persistent), Alex Nikolavitch (de quoi parle la SF ? Vaste sujet – ou pas ?) et la réédition d’une chronique de Jacques Bergier datant de 1953 (pleine de noms d’auteurs ayant majoritairement sombré dans l’inconnu, pour l’inculte que je suis en tous cas).

Et voici le détail des nouvelles et novellas, qui m’ont permis de découvrir de nouveaux auteurs.

Un jeune homme de mauvaise vie par Ellen Kushner : un court texte sur la fin d’une amitié entre deux jeunes graçons, assez inintéressant, comme ouvrant sur autre chose mais du coup incomplet.

Les hommes au parapluie de John G. McDaid : et si le bonheur et la paix dans le monde dépendaient d’un parapluie ? Pas mal, j’y ai noté une ou deux incohérences mais ce texte est quand même sympathique.

Puissance de l’amour de Sonia Quémener : une nouvelle de SF sur la fin d’un monde peuplé d’extra-terrestres, qui faut-il sauver ? Assez mal construit, lu et relu, il tombe un peu à plat.

Les fantômes de la danse des oranges par Paul Park : une novella de 60 pages que j’ai trouvé rédhibitoire et pénible à lire, je n’ai pas fini, ce qui est rare.

Le livre de la Voie Lactée par Eugène Mirabelli : partant du principe qu’on peut naviguer parmi les étoiles, un homme construit un bateau et y emmène son amoureuse. Des débuts maladroits pour une nouvelle qui s’améliore ensuite.

L’autre voyage de Nelly Kuntzmann part de statistiques complètes de Buenos Aires dans les années 1900 pour y suivre les traces de Jorge Luis Borges. Hélas, l’avalanche de chiffres plombe lourdement l’intérêt de l’idée de départ.

Ancrage de Carolyn Ives Gilman : une novella sur un étrange monde colonisé via ses profondeurs océaniques, et la dérive d’un petit sous-marin en zone inconnue. Quelques facilités mais l’un des meilleurs textes de la revue.

La colline aux mystères d’Alex Irvine : un bon cru (si j’ose dire…) que cette histoire d’apparition d’E.T. sur une colline transformée en parc d’attractions et de l’humour noir omniprésent.

La couleur la moins utilisée par la nature par Ted Kosmatka : choc des cultures et des civilisations dans une petite île du Pacifique où un constructeur de bateaux surdoué suit son destin, inexorable. Un très beau texte teinté de fantastique.

Le chef d’oeuvre du peintre de cadavres par Mary Rickert : un texte qui parle de l’amour et de la mort, bien fait mais dommage que sa fin soit aussi énigmatique.

Au final, comme souvent mais c’est la loi du genre, un bilan mitigé mais quelques bons textes qui émergent du lot.

Mon premier numéro de la mythique revue Fiction sera aussi mon dernier, disais-je donc. En effet, l’éditeur, regroupé dans le collectif des Indés de l’Imaginaire (avec ActuSF et Mnémos) lance une nouvelle version de Fiction ces jours-ci. Et pour soutenir la démarche de ces éditeurs – de ma région qui plus est – je m’y suis abonné… D’ailleurs, ayant tardé à chroniquer le tome 17, le nouveau numéro vient d’arriver dans ma boîte aux lettres !

Fiction tome 17 participe à ma série Des Nouvelles du Dimanche.

je lis des nouvelles et novellas
JLNND #5
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4 réflexions sur “ Fiction tome 17 ”

  1. Le début de ta chronique m’a fait craindre le pire… 😉
    Je commence à peine à lire le dernier numéro (le 18 donc), et si je suis satisfait, je ne m’interdis pas de commander les deux d’avant (pour cause de format identique, et surtout pour les nouvelles de Ken Liu du numéro 16).
    Mon avis bientôt donc ! J’ai comme l’impression qu’on va un peu plus parler de Fiction sur les blogs… 😉

    1. J’ai un peu fait exprès, je l’avoue 😉
      Le tome 18 est radicalement différent, je pense en effet qu’il va y avoir un regain d’intérêt (ou de découverte) pour cette nouvelle formule.

  2. Oui, mais donc ce n’est pas ton dernier, fieffé menteur ! =O
    J’attends impatiemment ta chronique de la nouvelle formule, histoire de savoir si je dois craquer ou non ^^

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