Roi du matin, reine du jour – Ian McDonald

Roi du Matin, Reine du Jour - ian mcdonald

J’ai eu du mal avec le premier livre de Ian McDonald que j’ai abordé. Si, si, relisez mon article sur Desolation Road, tiens ! Mais je m’accroche et ne voulais pas rester sur un échec, d’autant que le bonhomme a quand même reçu récemment le Prix du Planète-SF !

Le fait de lire des éloges sur « Roi du matin, reine du jour », auréolé de nombreuses récompenses (et de le trouver en poche ET en occasion) m’a convaincu de retenter l’expérience. Et le challenge Winter Mythic Fiction de Lhisbei me l’a fait ressortir de ma PAL, in extremis !

Résumé (source éditeur)

Emily Desmond, Jessica Caldwell, Enye MacColl, trois générations de femmes irlandaises, folles pour certains, sorcières pour d’autres. La première fréquente les fées du bois de Bridestone tandis que son père, astronome, essaie de communiquer avec des extraterrestres qu’il imagine embarqués sur une comète. La deuxième, jeune Dublinoise mythomane, se réfugie dans ses mensonges parce que la vérité est sans doute trop dure à supporter. Quant à Enye MacColl, katana à la main, elle mène un combat secret contre des monstres venus d’on ne sait où.

Avec ce roman de fantasy raffiné et érudit, Ian McDonald revisite la mythologie celte avec talent. Roi du Matin, Reine du Jour a d’ailleurs reçu de nombreuses récompenses : prix Philip K. Dick, prix Imaginales et Grand Prix de l’Imaginaire.

L’Auteur (source éditeur)

Ian McDonald est né en 1960, à Manchester. C’est l’un des auteurs de science-fiction les plus talentueux et les plus récompensés. Il est notamment connu pour son roman Le fleuve des dieux qui a reçu de nombreux prix. Ian McDonald vit à Belfast avec sa femme.

Mon avis

D’abord un petit mot sur la couverture de la version poche chez FolioSF. Signée Aurélien Police, elle dépeint de fort belle façon une mariée que l’on croisera à plusieurs reprises dans le livre.

Roi du matin, reine du jour est un roman assez difficile à résumer, constitué de 4 parties et s’intéressant au destin de 3 générations de femmes irlandaises, tout en brassant de nombreux thèmes folkloriques et mythologiques des premiers âges de l’homme, jusqu’au présent (voire un peu plus^^).

L’histoire consacrée à Emily Desmond est constituée d’un ensemble de lettres, avec des changements de points de vue. Entre le journal intime de la jeune fille attirée par les secrets du bois voisin de la maison familiale, et son astronome de père qui veut contacter des extra-terrestres habitant selon lui une comète, l’alternance des écrits datant du début du XXe siècle amuse souvent et est bien rendue. Les fées et autres créatures mythologiques sont là, apparaissant avec parcimonie, et le récit est relativement classique tout en étant plaisant à lire et s’acheminant vers une fin tragique.

Changement de tout avec Jessica Caldwell et une vision touffue et surchargée de Dublin dans les années 30, après la guerre contre les britanniques. L’auteur est plus brouillon, mêle plusieurs thèmes et se perd parfois (enfin, perd le lecteur) dans une pléthore de détails, sans doute intéressants pour les connaisseurs de la ville, mais un peu trop chargée pour les autres. Reste des personnages hauts en couleurs, avec une incarnation de deux figures mythologiques venues aider une jeune femme aux origines mystérieuses et aux capacités surprenantes.

Un court récit composé de longues phrases, exercice de style nous mène à la conception d’Enye MacColl, que nous retrouverons ensuite adulte dans les années 90. Capable de discerner les éléments mythologiques, celle-ci se mue en samouraï moderne, couplant son PDA (magique) à son katana, pour éradiquer les créatures qui tentent de prendre possession de notre réalité ! McDonald aborde ici l’urban fantasy, avec des personnages très riches, mais toujours bien écrits.

Tout au long du roman, l’auteur nous interroge sur les fondements des mythes, leur substance et leur « réalité ». Une vision atypique de ce que recouvre le terme de fantasy, fustigeant au passage les récits sans imagination peuplés d’elfes, de nains et de trolls. Je ne pense pas qu’il vise Tolkien et quelques autres, mais plutôt tous ceux qui se sont depuis engouffrés dans la brèche, avec des récits interchangeables et finalement peu originaux. Là, c’est l’essence même des rêves, des légendes et des créations psychiques de l’homme qui sont mises en avant et amalgamées.

Parfois brouillon et touffu, surchargé et limite abstrait, Roi du matin, reine du jour est cependant captivant, hypnotique et difficile à lâcher quand on arrive à être entraîné par les récits. Je n’ai pas la prétention d’avoir toujours tout compris car quelques zones d’ombre et de mystère subsistent pour moi, mais ce roman atypique possède une vraie force évocatrice.

Anglais mais vivant depuis de nombreuses années en Irlande, on peut aussi comprendre Roi du matin, reine du jour comme une preuve d’amour de McDonald envers ce pays qu’il a fait sien, au point d’embrasser ses mythes…

winter mythic fiction challenge
Ma participation (symbolique) au challenge organisé par Lhisbei

D’autres avis chez : VertNaufragés VolontairesLorhkanEfelleIsil Jainaxf233°C – …

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12 réflexions sur “ Roi du matin, reine du jour – Ian McDonald ”

  1. Bravo Xapur, tu as réussi à m’intriguer, avec ce livre ^^
    Je n’ai jamais lu Ian McDonald et il n’est même pas dans ma PAL (oups?). Mais pour l’instant je suis à fond dans l’univers féerique (en lecture comme en écriture). Autant dire que je vais très certainement me procurer le bouquin prochainement !

  2. Pour ma part, j’avais beaucoup aimé ce roman. Surtout les deux premières parties, alors que j’ai trouvé la quatrième un peu datée. Ce que tu en dis là reflète mes souvenirs de lecture.

    A.C.

    1. Je crois que j’ai préféré la première et la dernière partie mais difficile à dire, c’est quand même un tout malgré les différences de style voulues par l’auteur.

  3. Un bien bon roman, qui peut déstabiliser, mais qui a un thème vraiment intéressant et traité de manière originale. Et puis bon, c’est Ian McDonald quoi. 😉

  4. C’est avec ce roman que j’ai découvert Ian McDonald, un roman dense, fascinant même si comme tu le dis parfois peut être un peu brouillon. J’ai été surpris et passionné par la façon dont l’auteur a lié les trois histoires.

  5. Tu m’as rappelé tous mes bons souvenirs de lecture de ce roman. J’en aurais presque envie de le relire mais je vais plutôt me concentrer sur ses autres oeuvres ^^.

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