Bifrost 84 : Robert E. Howard

Bifrost n° 84 Spécial Robert E. HowardLe dernier numéro de la revue Bifrost s’intéresse à l’un des principaux fondateurs de la fantasy, Robert E. Howard, le créateur de Conan, Kull, Solomon Kane et pas mal d’autres.

Un auteur que je connais un peu (voir ici mon avis sur le premier tome de l’Intégrale chez Bragelonne), et notamment pour avoir lu récemment le Guide qui lui a été consacré par Patrice Louinet, le grand spécialiste qui officie donc également logiquement dans ce numéro. Au menu, biographie, histoire éditoriale aux USA et en France, étude de la correspondance entre Howard et son contemporain Lovecraft, parallèle entre Howard et Tolkien, guide bibliographique et sélection parmi les nombreux volumes disponibles en français. Un dossier complet, comme d’habitude, pour redécouvrir l’auteur masqué par le barbare qui n’était visiblement pour lui qu’un héros parmi d’autres.

Trois nouvelles sont au menu de ce numéro. L’une d’elle est de Howard et est inédite, ce qui est visiblement un exploit.

De si tendres adieux par Romain Lucazeau. Une nouvelle qui semble être un prequel à Latium, son space opera en cours de parution, et qui mêle influences dramatiques grecques et univers futuriste. Entre IA et vengeance, un texte assez réussi malgré quelques réserves, quelques phrases m’ont en effet semblé lourdes. J’attends les avis sur le tome 2 pour décider si je lis l’ensemble, le thème m’intéresse a priori.

Les Hôtes par Christian Léourier. Place à une planète hostile où des tribus d’hommes survivent dans des Hôtes, sortes d’énormes insectes dont ils sont les parasites (ou les partenaires). Bien écrit, c’est du Léourier, mais avec un goût de trop peu, comme si la nouvelle était le début d’un récit d’aventure plus long.

Enfin, le texte le plus intéressant et le plus long, Les Eaux en furie, est signé Howard. L’histoire d’un homme qui se rebelle contre un riche propriétaire, les banquiers et au final le capitalisme et l’évolution de la société. Le tout sur fond de changement, de transition entre l’âge des cow-boys et celui d’une société plus civilisée (quoique…). Des thématiques de fond toujours d’actualité par certains aspects, et le thème récurent chez Howard de celui qui refuse le changement et y résiste, le plus souvent par la violence.
A noter hélas quelques erreurs dans le texte.

Le reste de la revue comprend ses rubriques habituelles, le cahier critique et un article sur le métier de traducteur qui me semble plus mis en avant en ce moment dans le milieu (voir les numéros précédents), j’en reparlerai aussi dans un de mes comptes-rendus des Utopiales. Cette fois, Bifrost s’intéresse à Mélanie Fazi, également autrice, à laquelle le numéro 77 de la revue était dédié, et qui vient de terminer la traduction d’un pavé de Brandon Sanderson. Citons aussi la rubrique Scientifiction avec pour thème « De l’origine des espèces… extraterrestres », qui s’interroge sur l’origine de la vie terrestre, venant peut-être… de l’espace !

Au fait, les abonnés peuvent voter pour la meilleure nouvelle francophone et la meilleure nouvelle étrangère, parues dans le magazine cette année.

Un numéro que j’ai lu avec plaisir dans le TGV pour les Utopiales et qui m’a préparé à la table ronde sur les 20 ans du Bélial !

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8 réflexions sur “ Bifrost 84 : Robert E. Howard ”

  1. Je te confirme que la nouvelle de Lucazeau est un prélude à Latium.

    Pour répondre à ta question implicite, j’ai lu la moitié du tome 2 de Latium (critique à venir lundi soir) pour l’instant, et il me fait penser à la Chute d’Hyperion par rapport à Hyperion : grosse chute de rythme et d’intérêt, des cliffhangers faciles et agaçants, bref la seconde moitié à intérêt à rattraper la première sinon ma critique de ce tome 2 risque d’être nettement moins enthousiaste que celle du premier.

    1. C’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle ! Bonne car je vais peut-être zapper la lecture, mauvaise car si je le lis ce ne sera peut-être pas si bon que je l’espère. Dilemme…

  2. La nouvelle western de Howard, tu en a pensé quoi ?
    registre SFFF ?
    Je confirme que l’interview de Mélanie Fazi est super intéressante. J’ai bien aimé cette ouverture vers d’autres métiers en rapport avec les livres.

    1. Non, on ne peut pas vraiment dire que la nouvelle de Howard soit SFFF. Mais les textes inédits et disponibles doivent être trop rares.
      Pour les traducteurs, c’est intéressant de découvrir ce métier « de l’ombre » qui contribue largement à ce qu’un livre soit intéressant.

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