L’Enfer du Troll – Jean-Claude Dunyach

l-enfer-du-troll-jean-claude-dunyachLe troll est de retour ! Après avoir apprécié les nouvelles composant le petit recueil L’instinct du troll, j’ai pu lire en avant-première sa suite, cette fois un roman qui continue l’épopée fantasy(ste) et managériale du troll de Jean-Claude Dunyach.

Résumé

(source éditeur)

— Nous sommes censés accompagner Sheldon et Brisène dans leur voyage de noces à l’autre bout du monde et jeter un coup d’œil à la situation d’une des mines locales, qui s’ouvre à flanc de volcan. Les rapports qui lui parviennent ne sont pas conformes au planning.
— Tu t’attends à quoi ?
— Une menace inconnue, terrifiante, du genre que les humains ne sont pas taillés pour affronter. Une apocalypse à l’échelle du monde, qui risque d’éradiquer toute vie intelligente sur Terre. Et ça pourrait même nous affecter, par ricochet…

Pour venir à bout de leur quête, le troll et ses complices vont devoir affronter les typhons des mers du sud, une armée de zombies et de consultants, et résister aux pièges des épouvantables souvenirs pour touristes. Mais ils disposent d’une arme secrète : leur mission est dotée d’un budget.

L’Auteur

(source éditeur)

Ex chanteur-guitariste d’un groupe de rock aux intentions affirmées (les Worldmasters), conteur itinérant, parolier de variété (voir son recueil « Chansons »), tenancier d’un sex-shop toulousain pendant une semaine – le délai minimum, d’après lui, pour que cela figure dans une notice biographique -, Jean-Claude Dunyach, né le 17 juillet 1957 à Toulouse, possède déjà, on le voit, une solide expérience de la vie. Cependant, ces activités diverses ne l’ont pas conduit à la marginalité, puisqu’il affiche également un doctorat en mathématiques appliquées à l’utilisation des super-ordinateurs, et qu’il est ingénieur à Airbus depuis 1982.
Auteur d’une centaine de nouvelles de science-fiction, de fantastique ou de fantasy dont neuf ont été rassemblées dans le recueil Autoportrait (1986), sept dans le roman/recueil Voleurs de Silence (1992), tandis que les autres trouvaient refuge chez l’Atalante (huit recueils parus). Il a aussi écrit plusieurs romans parus au Fleuve Noir, dont Étoiles mortes — réédité chez J’ai lu — qui s’est vu doté d’une suite écrite en collaboration avec Ayerdhal, Étoiles Mourantes (J’ai lu, Millénaire — Grand Prix de la Tour Eiffel 1999).
Quand il n’est pas en train de sillonner l’Europe pour son travail, ou enfermé dans un studio de musique pour réécrire pour la onzième fois les paroles de la chanson en cours d’enregistrement (activité qui lui a inspiré le roman de SF & rock’n Roll post-apocalyptique Roll Over, Amundsen ! qui comporte aussi des pingouins), il aime se glisser dans une combinaison de plongée et affronter le silence des tombants, là où les idées naissent et où les poissons vous chatouillent.
Et, à ses moments perdus, il est également biographe d’un troll particulièrement obtus.

Mon avis

Il est assez rare que j’apprécie les livres humoristiques dans les littératures de l’Imaginaire, mais ayant lu les aventures précédentes du troll, je savais à quoi m’attendre et que j’allais apprécier l’humour de Jean-Claude Dunyach, et je pense que le fait qu’il y mêle une satire de la vie de l’entreprise n’y est pas étranger.

Suite directe des précédentes tribulations (mais lisible séparément), nous retrouvons notre troll préféré coulant le parfait amour avec sa trollesse préférée. Mais celle-ci le trouve un peu désoeuvré et démoralisé, puisqu’il ne travaille plus, et s’arrange pour que son ancien chef lui confie une mission, et surtout… un budget ! Il lui faudra donc escorter Sheldon et Brisène lors de leur voyage de noces vers une destination paradisiaque et en profiter pour inspecter les mines locales, tout en vérifiant le rapport quotidien de l’éternel stagiaire Cédric.

On retrouve donc les personnages découverts lors des précédentes aventures du troll, embarqués (c’est le cas de le dire) dans un voyage périlleux sur un bateau de croisière qui ne s’amuse pas. Que leur veut le fourbe elfe Seth (un elfe c’est fourbe, par principe, et puis c’est tout) ? Pourquoi les chevaliers en formation ne sont-ils pas plus motivés ? Que trament les nécromanciens du marketing à coup de cartes de visites ? Entre soupçons, disparition de Sheldon en haute mer, typhons à éviter, visites au bar et à la boutique de souvenirs ou encore fabrication de diamants à partir de charbon lors des effusions torrides du couple troll (adeptes du Kamasoutroll), la première partie du roman multiplie les clins d’oeil et les jeux de mots.

Une fois arrivés à destination, il ne leur faudra rien de moins que déjouer l’Apocalypse (sans dépasser leur budget) ! Sur une île aux airs de parc d’attraction infestée de zombies, avec un petit magicien doté d’un bâton et nommé Dayo, la petite équipe entrera dans le coeur d’un volcan où les forces obscures, car motivées et sournoisement aidées par des consultants, de l’organisation n’ont qu’une idée en tête : faire déferler sur le monde une catastrophe sans précédent, un fléau absolu. Ouvrir les portes de l’enfer du management…

Dans la droite lignée de L’instinct du Troll, ce roman reprend les éléments de son succès : humour omniprésent à base de jeux de mots et de situations délirantes, pastiche de la fantasy (« Méfie-toi de l’elfe, c’est le genre à laisser traîner ses oreilles partout. Vu leur taille, je suis même étonnée qu’il ne trébuche pas dessus »), blagues parfois gravier-leuses, satire du monde de l’entreprise (« Je suis toujours le dernier à être informé des problèmes, on dirait. J’ai du monter en grade sans m’en apercevoir ») et de son charabia marketing-managemental (ménage mental ?) et des sous-traitants. La présence de madame troll permet également d’ajouter quelques vannes et dialogues sur la vie de couple et ses travers (« Elle porte le genre de parfum qui rend les hommes fous. Surtout quand ils en découvrent le prix. »).

Un ensemble réussi, une épopée qui permet de sourire ou de rire à chaque page avec une équipe d’aventuriers qui se heurtent aux forces du mal, pire, de la motivation en entreprise ! Sans devoir ménager leurs efforts ni dépasser leur budget… Chaudement recommandé à ceux qui ne veulent pas finir enfermés dans une boule de neige sur l’étagère d’une boutique de parc d’attraction 🙂

Ceux qui vont aux Imaginales savent ce qu’ils ont à faire…

A noter la belle couverture de Gilles Francescano…

D’autres avis : Au Pays des Cave TrollsLe Bibliocosme (Boudicca) – …

 

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13 réflexions sur « L’Enfer du Troll – Jean-Claude Dunyach »

  1. Ah, je l’avais complètement oublié celui-là ! (alors que j’avais passé un bon moment avec L’instinct du troll). En tout cas, ta chronique me donne envie 🙂 C’est vrai que c’est important de prendre conseil pour déjouer l’apocalypse sans dépasser le budget, et de connaitre des blagues gravier-leuses au cas où je sois amenée à travailler avec un troll.

    Aimé par 2 people

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