Le Samouraï Virtuel – Neal Stephenson

Le Samouraï virtuel de Neal Stephenson

Bien qu’il soit considéré comme un classique du mouvement cyberpunk, je n’avais encore jamais lu Le Samouraï Virtuel, aussi connu sous son nom original de Snow Crash. Sa récente réédition au Livre de Poche était l’occasion de le découvrir enfin.

Résumé

(source éditeur)

« Il faudrait te décider. Ce Snow Crash, au juste, c’est un virus, une drogue ou une religion ?
Elle hausse les épaules.
— Quelle différence ? demande-t-elle. »
Magnat d’une vaste entreprise de médias, L. Bob Rife a développé, à partir de découvertes dans des fouilles sumériennes, le Snow Crash, une drogue qui attaque le cerveau humain, désorganise le système nerveux et rend fou. Mais la particularité de celle-ci est d’agir également comme un virus dans le Métavers, la réalité virtuelle. Hackeur réputé et champion de sabre dans le Métavers, Hiro Protagoniste, livreur pour Pizza CosaNostra dans le monde réel, et Y. T., une jeune kourière qui se déplace avec sa planche à roulettes Intelliroues, se retrouvent sous l’œil protecteur du parrain tonton Enzo pour lutter contre le métavirus. Deux mondes vont s’affronter jusqu’à la victoire du bien sur le mal.

Roman culte du genre SF cyberpunk, lauréat du Grand Prix de l’Imaginaire et du prix Ozone en 1997, Le Samouraï virtuel est en cours d’adaptation au cinéma par le réalisateur Joe Cornish.

L’auteur

(source Wikipedia)

Neal Town Stephenson, né le 31 octobre 1959 à Fort Meade dans le Maryland, est un auteur de science-fiction américain, plusieurs fois lauréat du prix Hugo. Son œuvre associe sciences, technologies de l’information et histoire, encadrées par des récits relevant de la science-fiction ou de l’uchronie. Son travail est à ce titre souvent comparé à celui de Thomas Pynchon.

Mon avis

Pour l’anecdote, j’avais commencé mes chroniques littéraires sur le défunt site snowcrash.fr, baptisé d’après ce roman, et c’est sa fermeture par le sympathique (bien que breton) @Bat00 qui m’a conduit à ouvrir le présent blog !

Le Samouraï Virtuel commence par une vision iconoclaste. Son personnage principal, Hiro, se prend pour un samouraï, même quand il livre des pizzas pour la Mafia, alors qu’il est en fait un hacker !

Dans le monde inventé par l’auteur, les pays ont laissé la place à de petits états, parfois de la taille d’un lotissement ou d’un quartier, et les franchises commerciales ont tout envahi. Ainsi, la Mafia, dirigée par tonton Enzo, monopolise la vente de pizzas. Et vu qu’Enzo se déplace en hélicoptère chez le client si le délai n’est pas respecté, cela constitue un arrêt de mort pour le livreur ! Au cours de ses aventures/livraisons, Hiro (dont le nom de famille est Protagoniste…) va croiser la route de la jeune kouriere Y.T. , une messagère bardée d’électronique qui trace sur son skateboard en s’accrochant aux autres véhicules.

Mais Hiro est aussi l’un des fondateurs du Métavers, un univers virtuel qui tient autant de Second Life que de Facebook ou que du Strip de Las Vegas (avec boutiques, avatars grotesques et monorail !), et il va découvrir l’existence d’un virus nommé Snow Crash, qui fait disjoncter le cerveau de ceux qui en sont victimes.

L’occasion pour l’auteur de s’interroger sur les effets du langage, le conditionnement lié à l’éducation, les memes et de tisser des liens (malhabiles) avec l’époque sumérienne et la disparition inexpliquée de cette civilisation. Hélas pour le lecteur, il assène des pages d’explications souvent intéressantes mais ardues à digérer, qui cassent le rythme du récit et tranchent complètement avec le ton ironique et caustique, voire loufoque, de celui-ci. Pas facile en effet de faire le lien entre ce fameux virus et la fameuse Tour de Babel dont le sommet touchait le ciel et dont les habitants parlaient tous la même langue jusqu’à ce que Dieu en décide autrement !

S’il est dans une thématique assez proche de celle de L.L. Kloetzer dans Anamnèse de Lady Star avec sa bombe iconique, Stephenson s’en sort nettement moins bien et sacrifie l’intérêt de son récit par des explications qui m’ont fait sortir du roman. Difficile ensuite de se raccrocher, tandis qu’il fustige le capitalisme sauvage, le président fantoche des USA réduits à leur portion congrue, et ajoute dans l’histoire des armes surpuissantes à uranium appauvri ou un tueur psychopathe armé de lames en verre et remorquant une bombe H…

Sans doute détonnant (et punk) à sa sortie, le roman était visionnaire mais a été rattrapé voire dépassé par la réalité, et s’il n’est pas démodé, il n’a plus sa force originelle. Dommage aussi qu’il soit plombé par les longs passages ardus qui le desservent, il aurait gagné en efficacité à être raccourci et simplifié à ce niveau-là. Une semi-déception donc que ce roman mythique qui n’a pas tenu pour moi toutes ses promesses, malgré de bons moments.

D’autres avis : Le Culte d’Apophis – ImaginR

 

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10 réflexions sur “ Le Samouraï Virtuel – Neal Stephenson ”

  1. Je vois que tu rejoins Apo sur ce roman. Il faisait partie de ma wish-list, j’avoue que vous avez nettement douché mon enthousiasme. Je pense qu’il ne verra pas mes étagères dans un avenir proche. Bref, je le lirais peut-être par curiosité. Un jour…

    Aimé par 1 personne

  2. Merci pour ta critique
    Il a posé beaucoup de choses et à mal vieilli
    Reste que la vision d’une société uberisée, faite de communautés privées n’a pas pris une ride non ?

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