Les Larmes de Yada – Lilie Bagage

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Intrigué par le résumé de ce premier roman d’une jeune autrice lyonnaise (cocorico !), je me suis plongé dans les Larmes de Yada…

Résumé

(source éditeur)

Lyon – 2092.

L’eau de Yada est une drogue très en vogue chez les personnes âgées : la molécule ravive leurs souvenirs.

Le temps d’un trip, Asha – 70 ans – rejoue la mélodie vibrante de sa jeunesse et retrouve sa vie d’antan, celle d’avant les regrets… Les souvenirs sont si réels qu’ils donnent l’illusion parfaite de les revivre…

Mais voilà que lors d’un voyage dans ses souvenirs, Asha parvient à modifier un détail dans la trame de son passé. Cela aura-t-il une répercussion sur son présent ?

Editeur : Nestiveqnen – Parution : avril 2017 – 252 pages

L’Autrice

(source : son site)

Durant une enfance insulaire et de brèves études scientifiques (pleines de virus et de bactéries), Lilie Bagage a très vite constaté que l’univers était multiple. Bien décidée à ne pas se contenter de la version d’origine, elle a déposé ses valises dans la région lyonnaise et depuis, elle vagabonde dans l’espace-temps. Lorsqu’elle n’est pas en train de voyager ou de rêver, elle gribouille des nouvelles et écrit des romans.

Mon avis

Héroïne originale, le personnage principal des Larmes de Yada est une veille dame de 70 ans ! Vivant dans le quartier populaire du Bachut, à Lyon, dans un futur assez proche miné par les crises économiques, Asha n’a plus grand chose a faire de ses journées. Son mari est décédé, ses filles vivent à l’autre bout du monde et ne la contactent plus (elle s’est coupée d’elles et son caractère n’est pas des plus simples), bref elle ne sort que pour s’alimenter et participer une fois par semaine au club littéraire où elle retrouve son complice Enis.

Que reste-t’il comme réconfort quand l’âge arrive ? Des souvenirs heureux, comme ceux de l’enfance d’Asha en Inde, ou ses premiers émois amoureux, l’enfance de ses filles jumelles. Des moments qu’elle peut se remémorer quand Kalika, la dealeuse, lui offre quelques gélules d’un liquide ambré (l’Eau de Yada) qui permet de revivre pleinement des instants de bonheur. Mais l’addiction ne tarde pas, et Asha, devenue junkie, fait tout pour ne plus rejoindre le quotidien et rester dans le passé. Surtout qu’elle découvre qu’elle peut y interagir, le modifier, et explorer d’autres présents possibles…

Alternant des courts chapitres vécus par Asha et d’autres où l’on suit Enis, parti à la recherche de son amie (dont il s’est doucement épris) pour la sauver, le roman est addictif (sic) et porte des thèmes intéressants. Un futur assez déprimant avec des thèmes actuels comme les trafics dans les cités, la crise économique et d’autres dont on ne parle pas, ou peu, comme la solitude et la déprime des personnes âgées. L’autrice invente des personnages principaux attachants et amène une note de culture indienne bienvenue, colorée et chatoyante, en contraste avec une ville futuriste et délabrée.

Puis le récit s’élargit avec des futurs alternatifs qui s’entrelacent, des univers possibles aperçus, une réflexion sur les choix passés, l’amertume des actes manqués, la vieillesse et la maladie aussi… Le roman se révèle être une bien belle façon de revisiter le thème pourtant éculé du voyage dans le temps dans un récit sensible et délicat, mais également souvent dur et sombre. Pour un premier roman, c’est une réussite et l’autrice possède une sacrée plume, j’espère qu’elle continuera sur cette lancée !

D’autres avis : Le Comptoir de l’Écureuil (avec interview de l’autrice) – My Inner Shelf – …

Huitième chronique pour le challenge « maison » Summer Short Stories of SFFF saison 3

Challenge Summer Short Stories of SFFF - saison 3

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20 réflexions sur « Les Larmes de Yada – Lilie Bagage »

  1. Étonnant. Le pitch de départ (la drogue qui permet de revivre le passé) rappelle fortement Flashback de Dan Simmons, tandis que le reste fait penser à Vandana Singh et Jo Walton. Un mélange improbable, mais qui a l’air intéressant. Belle découverte, merci pour ta critique !

    Aimé par 1 personne

  2. Content de voir que ce roman de ma consœur de chez Nestiveqnen commence à faire parler de lui dans la blogosphère !
    Je ne l’ai pas encore lu, mais ce genre de bonne critique risque de m’y inciter… Avec une septuagénaire en personnage principal (marre des héros adolescents !) et des voyages dans le temps, ça donne envie en tout cas.

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