En Terre Etrangère – Robert A. Heinlein

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Voici un classique que je n’avais encore jamais lu, béotien que je suis, il était donc temps de m’en occuper !

Résumé

(source éditeur)

En terre étrangère, lauréat du prix Hugo en 1962, est considéré comme le meilleur roman de Robert Heinlein, lui-même l’un des écrivains américains de science-fiction les plus reconnus.

Les membres de la première expédition vers Mars périrent tous. Sauf un : Valentin Michaël Smith, né sur Mars, élevé par les Martiens, recueilli et ramené sur Terre, à vingt ans, par la deuxième expédition au début du XXie siècle. Physiquement, Valentin Michaël Smith était humain. Mentalement, il était martien. La seule analogie qui convienne pour le définir est celle des enfants-loups, des enfants élevés par des loups. Mais les Martiens n’étaient pas des loups. Leur culture était plus riche que celle des Terriens. Le premier problème de Mike ? Survivre sur la Terre ! Tout lui était agression : la pesanteur, la pression atmosphérique, et surtout les hommes… Le second problème fut pour lui de comprendre en quoi les humains différaient des Martiens et pourquoi ils étaient malheureux… En terre étrangère, qui obtint le prix Hugo en 1962, est généralement considéré comme le meilleur roman de Robert Heinlein, lui-même l’un des plus fameux écrivains américains de science-fiction. Ce fut le livre culte des campus durant les années soixante et soixante-dix, et il est devenu un classique incontesté. Venant de l’auteur de Starship Troopers depuis porté à l’écran, et qui fit taxer Heinlein de militariste, En terre étrangère surprit par son pacifisme, son illustration de l’anarchisme et son apologie de l’amour libre.

Editeur : Le Livre de Poche – Traduction : Frank Straschitz – Date de parution : 29/06/2016 (pour cette édition, 1961 en V.O.) – 768 pages

L’Auteur

(source éditeur)

Robert Anson Heinlein (1907-1988) est considéré aux États-Unis comme l’un des plus grands écrivains de science-fiction d’après-guerre, l’égal d’un Isaac Asimov ou d’un Franck Herbert. Lauréat à quatre reprises du prestigieux prix Hugo, il est l’auteur de quelques-uns des plus grands classiques du genre : l’immense Histoire du futur, Starship troopers, En Terre étrangère ou encore Double étoile et Révolte sur la Lune.

Mon avis

Parmi les nombreux classiques que je n’ai/avais pas encore lus, il y avait donc ce roman de Heinlein, auteur que je connais grâce à Starship Troopers. Ici, le sujet est complètement différent ! On y fait la rencontre de Michaël Smith, fils de deux astronautes surdoués et élevé par les martiens. De retour sur Terre se posent alors plusieurs questions le concernant : doit-il être considéré comme le dirigeant de la planète rouge (y étant né et étant le seul humain en provenant) et que doit-on faire de la fortune léguée par ses parents immensément riches ? Le début du roman, aux allures de vaudeville, répond à ces questions, tandis que Mike échappe au gouvernement mondial qui l’accapare « un peu trop ». On fait aussi la connaissance de deux personnages qui vont lui venir en aide, une infirmière et un journaliste.

Mais on découvre aussi le caractère de Mike, sa gentillesse, sa tendance à tout prendre au pied de la lettre… qui créeront des situations cocasses. Et l’étendue de pouvoirs spécifiques qu’il possède, grâce à sa maîtrise de son corps et de son esprit (sic) : il fait disparaître les objets (et les gens), il peut les déplacer.

Ne croyez pas par contre faire ample connaissance avec les martiens ou confronter Mike bien longtemps aux terriens dans leur globalité. Après une critique cinglante de la politique et des médias, Heinlein oriente son récit vers la religion, qu’il fustige tout en permettant à Mike de s’inspirer de certaines églises américaines afin de créer son propre culte. Celui-ci est basé sur l’amour physique, dans une liberté et une communion totales. Pas étonnant que le récit ait fait écho aux aspirations (si j’ose dire…) hippies et qu’il soit devenu à cette époque un roman cul(te). Bien sûr, à notre époque, tout cela n’est plus si novateur ou « choquant » mais on peut néanmoins se rendre compte de l’ouverture d’esprit de Heinlein, pourtant jugé habituellement réac’ et militariste. D’autant que le livre a été écrit sur plusieurs années, l’opinion publique n’était pas prête selon lui à le recevoir dès ses prémisses dans les années 50. Cependant, notons quand même quelques passages qui sont insupportables de machisme… Reflets d’une époque pas si révolue…

Si le personnage de Mike est un peu décevant, et passe assez rapidement en arrière-plan, celui du médecin/écrivain/avocat/philanthrope Jubal est particulièrement réjouissant et vaut à lui seul la lecture. Cynique, irritable, généreux, machiste et doté d’un sale caractère mais d’un grand coeur, il a tout pour plaire ! Heinlein lui donne largement la parole pour critique la société et pousser le lecteur à s’interroger sur celle-ci et sur ses moeurs.

Au final, que conclure sur ce livre ? Si je suis content de l’avoir enfin lu, je l’ai trouvé réjouissant par certains aspects (la satire) mais décevant par d’autres (la partie martienne n’est en fait qu’un prétexte, Smith joue le rôle de Candide). Et bien sûr, il accuse son âge par moments (dans le futur de Heinlein, il y a des voitures volantes par contre les femmes reprisent toujours les chaussettes de leur mari…). Mais le personnage de Jubal emporte finalement l’adhésion par son cynisme et son humour mordant. Bon, maintenant, il va falloir que je m’attelle à d’autres oeuvres de Heinlein et notamment son Histoire du Futur. En attendant, j’ai commandé le numéro de la revue Bifrost qui lui avait été dédié.

D’autres avis : Albédo blog – …

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10 commentaires sur “En Terre Etrangère – Robert A. Heinlein

  1. Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire celui-ci, mais cela viendra surement un jour vu que je ne suis jamais mal tombé avec Heinlein. Et puis les défauts possibles dus à l’âge ne me dérange habituellement pas, en tout cas je peux passer outre tant que c’est de l’ordre du « détail » (en terme de quantité dans le roman – je ne dis pas que la condition féminine est un détail hein). Sinon, on ne lirait – pas que lire d’ailleurs – pas grand chose du passé…

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  2. C’est un roman qui peut vraiment surprendre. J’ai également beaucoup apprécié Jubal ainsi que cette vision et les espoirs portés par Mike. C’est vrai que l’ensemble a un peu vieilli, mais le sachant je n’en ai pas trop été gênée.

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  3. C’est quand même fou de savoir faire voler des voitures mais de ne pas être fichu d’inventer des chaussettes auto-réparatrices :D. Je pense le lire un jour, je garde à l’esprit le côté un peu daté (mais bon j’ai l’habitude avec Poul Aderson ^^).

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  4. Eh bien moi non plus je n’ai jamais lu de Heinlein et ne le connais également que par Starship troopers ^^. Je note ce bouquin, qui me fait bien envie, malgré les réserves que tu soulèves. Et un peu d’humour cynique me fera du bien !

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