Diaspora – Greg Egan

diaspora greg egan

Il y a longtemps que je voulais découvrir Greg Egan sous forme longue (je n’ai lu de lui que Cérès et Vesta), le dossier du numéro 88 de la revue Bifrost m’avait bien alléché, et la sortie récente de Diaspora, auréolé de critiques dithyrambiques, tombait bien. Enfin, façon de parler…

Résumé

(source éditeur)

D’abord il y a les enchairés, ceux qui s’approchent le plus, sans doute, de ce que fut homo sapiens. Vivant au cœur des jungles terriennes et des océans, leur corps de chair et d’os est mortel, mais leur génome modifié leur assure une longévité exceptionnelle. Sur la Lune et divers astéroïdes sont les gleisners, créatures composites, androïdes potentiellement immortelles. Enfin, dans les entrailles chromées de superordinateurs au potentiel de calcul inimaginable, vivent les citoyens des polis, personnalités numérisées, libérées de toute contrainte charnelle, entre les murs intangibles de cités sans limites… Nous sommes à la fin du XXXe siècle, et l’humanité est tripartite. C’est le temps des prodiges, le temps de tous les possibles. Jusqu’à ce qu’un déluge de rayons gamma, reliquat d’une lointaine catastrophe stellaire, menace de stériliser la Terre. Sonne alors l’heure du grand départ. La Diaspora. Mais pour où ? Et comment ? Et voilà que tout à coup le temps presse…

Editeur : Le Bélial – Traduction : Francis Lustman – Date de parution : 30/05/2019 – 400 pages

L’Auteur

(source éditeur)

Né à Perth en 1961, Greg Egan est considéré comme le pape mondial de la hard SF, et le plus fascinant des romanciers démiurges. Avec Diaspora, vertige de prospective inégalé, il signe l’une des pierres de touche de la science-fiction contemporaine, un roman étalon dont il aura fallu attendre la traduction française plus de vingt ans.

Mon avis

Allez, soyons direct, je n’ai pas aimé Diaspora et j’ai bien failli le laisser tomber au bout de quelques pages. Si le résumé donne envie et parait intéressant, force est de constater que le style de l’auteur ne correspond pas du tout à ce que j’aime. Cela commence par la création d’un être artificiel, décrite avec un luxe de détail dans un jargon scientifique que j’ai trouvé rédhibitoire, d’autant s’étale sur des pages et des pages alors qu’un résumé « allégé » m’aurait largement suffit.

La trame de fond, les relations entre les différentes entités issues de la culture humaine, les « enchairés » qui ont gardé un corps physique, les gleisners androïdes ou les citoyens des polis (cités virtuelles) créés par des ordinateurs, ainsi que l’exode forcé lié à un bombardement de rayons cosmiques, ou la recherche d’autres planètes habitées sont pourtant intéressants.

Mais tout au long du roman, j’aurais eu l’impression de lire des articles scientifiques ou des extraits d’un manuel de physique quantique. Argumenter son propos, certes, je comprends bien l’intention de l’auteur et son attrait pour la hard SF et les sciences, mais il en abuse au point de faire passer au second rang son récit, ou en tout cas de faire décrocher les esprits les plus concrets comme le mien qui veulent lire une histoire (qui est certes là, mais tellement noyée dans le reste qu’il faut s’accrocher pour la trouver et s’y intéresser).

On pourra trouver que lire des passages montrant des avatars virtuels piloter des nanosondes à la surface d’une planète à l’atmosphère modifiée où s’étendent des tapis de polysaccharides cachant d’autres dimensions entre leurs atomes (je crois…) relève du sense of wonder, ou du what the fuck, je brevète pour ma part le sense of wonder the fuck, ayant fait griller mon dernier neurone en essayant de lire, je ne parle pas de comprendre, tout ça. Bref, j’ai lu « Diaspora », et j’ai survécu, mais de justesse, à vous de voir si c’est votre type de bouquin !

D’autres avis : Le Culte d’ApophisL’Epaule d’OrionLes Chroniques du ChroniqueurAlbédo – …

31 commentaires sur “Diaspora – Greg Egan

  1. Greg Egan, je n’ai jamais pu… À le lire, je trouve qu’on est plus de l’essai que du roman. Mais je suppose qu’il a sont public. Mais zut, quand même… à la lecture du titre de ton article, je me suis dit : « Ha, un Greg Egan, que je vais pouvoir lire ? » Ben non…

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        1. Vous n’avez jamais dû lire L’œuf du dragon de Robert Forward, tous les deux : là, on est VRAIMENT sur un écrit plus proche de l’essai que du roman ; à côté, Egan a un style virtuose 😀

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  2. J’ai adoré ce bouquin, mais je peux comprendre que certains lecteurs n’arrivent pas du tout à accrocher. Il m’est arrivé exactement la même chose avec Trop semblable à l’éclair d’Ada Palmer. Donc je compatis 😉

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  3. j’ai eu exactement la même expérience de lecture, je m’en suis remise difficilement et pourtant j’y croyais fort ! Du coup j’ai été au bout (je ne sais comment !). Mais au prix de ma santé mentale.
    Pour le sens of wonder the fuck, je valide carrément 😀

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    1. (Commentaire précédent posté sous le mauvais compte 🙂
      j’ai eu exactement la même expérience de lecture, je m’en suis remise difficilement et pourtant j’y croyais fort ! Du coup j’ai été au bout (je ne sais comment !). Mais au prix de ma santé mentale.
      Pour le sens of wonder the fuck, je valide carrément 😀

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  4. « Mais tout au long du roman, j’aurais eu l’impression de lire des articles scientifiques ou des extraits d’un manuel de physique quantique. » Pas très rassurant :/ Après j’ai lu 3 nouvelles d’Egan, que j’ai toutes trois adorées donc je sais pas ?

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