Le Temps Fut – Ian McDonald

le temps fut ian mcdonald

Sur ce blog, j’ai déjà lu et chroniqué un certain nombre de textes de Ian McDonald (et j’ai encore la trilogie Luna à finir) et j’ai quasiment tout aimé (sauf Desolation Road) voire adoré (La Petite Déesse, Le Fleuve des Dieux). Alors une novella, dans la collection Une Heure-Lumière du Bélial’, avec une superbe couverture d’Aurélien Police, comment résister ?

Résumé

(source éditeur)

Bouquiniste indépendant, Emmett Leigh déniche un jour un petit recueil de poèmes lors de la liquidation de la librairie d’un confrère. Un recueil, Le Temps fut, qui s’avère vite d’une qualité littéraire au mieux médiocre… En revanche, ce qui intéresse Emmett au plus haut point, c’est la lettre manuscrite qu’il découvre glissée entre les pages de l’ouvrage. Pour le bouquiniste, tout ce qui peut donner un cachet unique et personnel à un livre est bon à prendre. Il se trouve ici en présence d’une lettre d’amour qu’un certain Tom adresse à son amant, Ben, en plein cœur de la Seconde Guerre mondiale. Remuant ciel et terre – et vieux papiers – afin d’identifier les deux soldats, Emmett finit par les retrouver sur diverses photos, prises à différentes époques. Or, la date présumée des photos et l’âge des protagonistes qui y figurent ne correspondent pas… Du tout.

Éditeur : Le Bélial – Traduction : Gilles Goullet – Date de parution : 13/02/2020 – 144 pages

L’Auteur

(source éditeur)

Né à Manchester en 1960 d’un père écossais et d’une mère irlandaise, Ian McDonald vit depuis son enfance en Irlande du Nord. Il publie sa première nouvelle en 1982, son premier roman, Desolation Road, en 1988. C’est le début d’une carrière couronnée par les prix les plus prestigieux – Locus, British Science Fiction Award, ou Grand Prix de l’Imaginaire. Écrivain bourlingueur, McDonald délaisse volontiers les figures imposées de la science-fiction occidentale pour s’intéresser à des cultures tour à tour familières et étrangères. Son œuvre la plus récente, le cycle « Luna », est en cours de publication a été publié chez Denoël.

Mon avis

Emmett est un bouquiniste qui arpente les librairies, les surplus et déstockages, tout en ayant un œil sur les sites de commerce électronique à la eBay où il gère ses ventes. Un jour, il tombe sur un bouquin de poésie banal, sans mention d’éditeur, Le Temps Fut, qui ne l’intéresse pas vraiment, à part pour le courrier glissé entre ses pages. Emmett est en effet plus intéressé, y compris financièrement, par ces reliques ayant plus de valeur que les nombreux livres sur le marché. Intrigué, il fait des recherches sur les deux personnages qui y sont cités : Ben, le destinataire et Tom, le rédacteur. Grâce à l’aide de la jeune et jolie Thorm, il va accéder à des archives et à des photos qui vont le mettre sur la piste d’un mystère : les deux hommes, outre le fait d’être amants, sont aussi et surtout voyageurs temporels et ce, à leur corps défendant !

Bringuebalés de conflits en guerres, ils communiquent en se laissant des messages glissés dans les pages des exemplaires du recueil Le Temps Fut, disséminés dans plusieurs librairies de multiples pays. Commence alors pour Emmet une longue enquête, virant à l’obsession pour comprendre le parcours des deux amants et essayer de déterminer leur parcours dans le temps. Jusqu’à une conclusion que je n’ai aps vu arriver, et qui est à la fois réussie et émouvante.

Mêlant ici plusieurs thèmes (dont le voyage temporel, l’enquête historique, le déclin de la librairie physique, mais aussi l’amour homosexuel en des périodes où il était proscrit et réprimé, ou encore un certain amour pour la campagne britannique, ses paysages sauvages et son climat souvent détestable), Ian McDonald livre ici un récit qui a le mérite de se lire vite et bien. Même s’il n’est pas exempt de défauts mineurs dont quelques facilités ou des coïncidences un peu trop heureuses (dont le personnage de Thorm, bien pratique au début du récit puis jetée comme une malpropre quand elle devient gênante à son évolution, ou l’amie d’Emmett qui travaille pile au bon endroit pour les recherches), des digressions assez superflues (le père de ladite Thorm et les longues périodes dans la maison familiale), et s’il n’est pas le plus original ou novateur dans le genre. J’ai lu bien mieux chez McDonald mais cette novella reste quand même agréable et bien écrite, avec un parfum d’histoire secrète sur fond d’expérience scientifique.

Projet Maki : 3/26 – retrouvez mes autres lectures au bout de ce clic

D’autres avis : Le culte d’Apophis – L’épaule d’OrionCanal HurlantLe Bibliocosme (Boudicca) – Le Bibliocosme (Dionysos) – Les lectures du MakiAu Pays des Cave Trolls – …

Commander : en ces temps troublés, je vous conseille d’aller sur le site de l’éditeur et de choisir la version électronique

14 commentaires sur “Le Temps Fut – Ian McDonald

  1. J’ai bien aimé cette novella.
    Ian McDonald est un auteur compliqué je me suis repris à 2 fois pour lire La maison des derviches (que j’ai adoré la seconde fois !) j’ai abandonné Le fleuve des Dieux à la moitié mais je le recommencerai un jour. Et comme toi il me reste le dernier opus de Luna.
    Merci pour ta participation à ce petit projet !

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    1. Je n’ai pas lu les Derviches mais j’ai adoré le Fleuve des Dieux, par contre j’avais lu auparavant La Petite Déesse et ça m’a peut-être facilité la tâche.
      Pour Luna, il me reste en fait 2 tomes à lire !

      J'aime

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