Bifrost 98 – A.E. van Vogt

bifrost 98 a.e. van vogt

Le numéro 98 de la revue Bifrost est consacré à Alfred Elton van Vogt, un auteur que j’ai pas mal lu étant plus jeune, mais comme lui, ça commence à dater…

Commençons par le commencement, à savoir un éditorial frappé de plein fouet par la Covid-19 et qui contraste complètement avec l’optimisme du numéro précédent. Pas la peine d’en rajouter, on est tous concerné mais l’année 2020 va être encore plus dure que les précédentes pour l’édition et la librairie.

Au sommaire, cinq nouvelles mais elles sont courtes :

  • Le Village enchanté, d’A.E. van Vogt dont j’ai parlé ici, allez donc z-y lire mon avis !
  • Plaine-guerre, de Thierry Di Rollo. Un texte optimiste, nan je plaisante (moi), un texte donc profondément pessimiste sur la guerre, ici un conflit absurde qui semble sans fin. Mais comment le fuir ? Di Rollo a une réponse qui n’étonne pas vraiment de sa part.
  • Le Dernier Verrou de Sveta Koslova, de Franck Ferric. Guère plus réjouissante, cette nouvelle nous emmène sur les traces du passé d’une femme, Sveta, et confronte ses souvenirs et les enregistrements numérisés de son passé dans un paysage désolé quelque part en Russie, sur fond d’agonie de l’agriculture et de la terre. Aussi réussi que déprimant.
  • C’est vous Sannata3159 ? de Vandana Singh. J’avais beaucoup aimé le recueil Infinités de l’autrice mais ici… elle a tout faux. Personnages caricaturaux, futur dystopique de pacotille, niaiserie confondante (et limite gênante pour elle)… Allez, à oublier, vite, très vite.
  • À la recherche du Slan perdu, de Michel Pagel. Je n’avais pas aimé la seule nouvelle que j’avais lue de Pagel, alors là, un récit de SF qui fleure bon l’Age d’Or de la SF revisité à la façon de Marcel Proust, comment dire, on pouvait craindre le pire de cette avalanche de phrases kilométriques, à coup de virgules et de digressions sans fin reléguant les pourtant longues réflexions habituelles de l’éditorialiste en chef de la revue Bifrost à de vulgaires SMS, comme disent les jeunes, et j’en connais certains, plus proches de moi que je ne le souhaiterais parfois; toujours est-il que le résultat arrive à séduire et amuser, entre race extra-terrestre en fuite et madeleine revisitée, que dis-je, incarnée et de fort belle manière dans cette nouvelle qui clôt le cahier dédié de ce numéro par un double hommage inattendu et réussi.

On retrouve les rubriques et articles habituels :

  • Objectif Runes : les critiques des sorties récentes. Et ça continue en ligne par ici.
  • Le coin des revues, par Thomas Day. Toujours aussi hilarant, enfin, sauf pour les éditeurs des revues passées à la mitrailleuse.
  • Paroles de libraires est consacré au Nuage Vert à Paris.
  • Scientifiction revient sur Terre Errante, le court roman de Liu Cixin ayant été adapté en un film catastroph(iqu)e. Et sans surprise, les sciences ne sont pas en faveur de l’auteur.

Le gros morceau est bien entendu consacré à A.E. van Vogt, écrivain atypique qui mettait des réveils pour noter toutes les heures et demi le contenu de ses rêves et en faire des récits, qui avait des « systèmes » à foison et a été convaincu par des « médecines » plus que douteuses telles la dianétique. Le guide de lecture est relativement unanime sur l’aspect daté voire fantaisiste d’une bonne partie de sa production et malgré un succès phénoménal dans les années 80 en France, son oeuvre semble glisser rapidement dans l’oubli voire l’indifférence. Dommage ?

L’occasion pour moi de ressortir deux « fleurons » de ma bibliothèque dont Le Grand Temple de la SF consacré à van Vogt, et de déplorer l’époque (bénie) où les anthologies de ce genre permettaient de découvrir des auteurs ou des textes regroupés par thème. Ce Grand Temple m’a marqué à l’époque pour deux raisons : une méthode décrite par van Vogt qui laissait croire en une façon assez technique voire mécanique d’écrire des histoires (ce qui paraissait facile à appliquer – j’étais jeune, beau et naïf, et hasard de la vie, cette méthode a été publiée sur le site du Bélial’) et sa bibliographie impressionnante, soigneusement établie par Quarante-Deux, parente de celle d’Alain Sprauel dans ce numéro. La boucle est bouclée…

7 commentaires sur “Bifrost 98 – A.E. van Vogt

  1. Ce moment ou je commence à me dire que cette phrase est fort longue que tout de même c’est pas très lecture sur le web friendly et puis que tout d’un coup mon franc tombe. C’est pas bien de se jouer comme ça de tes lecteurs 🤣

    J'aime

  2. Je l’ai commandé hier! J’en ai lu du bien chez d’autres et tu viens confirmer, dans l’ensemble – sauf pour le texte de Vandana Singh que j’attends beaucoup depuis la chronique de Tigger Lilly. On verra.
    As-tu écouté l’émission de C’est plus que de la SF sur cet auteur?
    Le paragraphe en mode Proust est juste beau… 🙂 Un jour, je lirai Proust!

    J'aime

    1. J’espère que tu aimeras toutes les nouvelles, toi ! Non, je n’ai pas écouté cette émission, j’irai voir, merci.
      Je ne sais pas si mon texte en mode Proust est fidèle à l’auteur, je ne l’ai pas lu depuis des décennies mais en tout cas j’ai bien rigolé en l’écrivant !

      Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.