Comment parler à un alien ? – Frédéric Landragin

comment parler à un alien Frédéric Landragin Le Bélial

Profitant du cadeau du Bélial’ (merci !) pendant le confinement, j’ai pu récupérer et lire l’essai de Frédéric Landragin consacré au langage et à la linguistique, un sujet éminemment important quand il s’agit de Parler à un alien !

Résumé

(source éditeur)

Imaginez : les extraterrestres sont là ! Sur Terre. À côté de chez vous… Et d’emblée se pose la question cruciale qui accompagne l’extraordinaire événement : comment leur parler ? Comment s’en faire comprendre ?
Le langage, sans conteste au cœur de ce qui nous définit en tant qu’espèce pensante, sera d’une importance cruciale. La science-fiction, domaine réflexif par essence, l’a compris depuis ses origines et en a fait l’un de ses sujets de prédilection, tant au cinéma qu’en littérature, de Babel 17 à Premier Contact, de L’Enchâssement aux Langages de Pao.

Editeur : Le Bélial – Date de parution : 10/2018 – 272 pages

L’Auteur

(source éditeur)

Frédéric Landragin, docteur en informatique-linguistique, directeur de recherche au CNRS, fait ici dialoguer — précisément — science-fiction et linguistique, livrant un ouvrage aussi érudit qu’accessible qui expose les bases des sciences du langage, questionne la nature des langues et s’interroge sur les modalités d’un premier contact. Car après tout, comme nous l’apprend souvent la science-fiction, l’alien n’est pas toujours celui que l’on croit, et apprendre à parler à l’autre, c’est aussi savoir se parler à soi-même…

Mon avis

Le sujet du langage est primordial si on envisage un jour de communiquer avec une race extra-terrestre. Sera-t-elle capable de parler ? Rien ne le dit, mais on peut s’y préparer en étudiant déjà les façons qu’a l’homme de communiquer sur Terre. Et là, le sujet se complique très vite !

Frédéric Landragin balaie dans la première partie de l’ouvrage les bases de la linguistique. Enfin, balaie, le mot est vite utilisé car on a droit à un cours précis, parfois un peu aride, d’un vaste sujet que je connais mal par sa terminologie même si des exemples concrets permettent bien sûr d’appréhender les termes et concepts couvrant notre façon habituelle de parler.

La langue vit et se modifie et on est saisit à la lecture de cet essai de la multiplicité de façon de communiquer (à l’oral mais aussi à l’écrit, entre pictogrammes et hiéroglyphes par exemple) qu’on imaginé les hommes sur Terre, avec des langages tellement variés que certains pourraient paraître extra-terrestre aux autres ! Et ce ne sont pas les langues inventées (« construites ») dans un souci d’universalité, comme le volupük et l’espéranto, qui facilitent les choses vu leur faible appropriation.

Difficile de communiquer entre nous, alors comment communiquer avec des races de visiteurs potentiels complètement différents, ne possédant peut-être pas nos attributs (cordes vocales, langue voire mains et doigts) ? Le sujet est ardu et, en filigrane, j’ai quand même l’impression que c’est loin d’être gagné. Il serait dommage de trouver une autre espèce intelligente et de ne pas savoir lui parler, quand même ! A moins qu’elle ne soit, elle, capable de nous comprendre.

Côté littérature de SF, on citera notamment L’enchâssement de Ian Watson (au Bélial aussi, dont Landragin a signé la postface) , Babel 17 de Samuel R. Delany, Solaris de Stanislas Lem, la Terre du Milieu de Tolkien et bien sûr L’Histoire de ta vie in La Tour de Babylone de Ted Chiang qui a inspiré le film Premier Contact et je regretterai peut-être justement la prédominance parmi les exemples cités ici de ce film et de la nouvelle, mais il est vrai que le sujet est somme toute relativement peu traité en littérature (et donc encore moins au cinéma, même si les Rencontres du Troisième Type de Spielberg sont un exemple archi-connu) et que le succès du récent long métrage a sensibilisé ses spectateurs aux difficultés de communications avec les aliens rencontrés, bien loin des humanoïdes « habituels » du genre.

On retrouve dans ce tome de la collection Parallaxe (dont j’avais lu Station Métropolis Direction Coruscant) les illustrations de Cedric Bucaille qui contribuent à lui donner une identité propre, au carrefour de la SF et des sciences. Une mission importante et bienvenue. Allez, prochaine étape pour moi – et du même auteur, d’ailleurs : Comment parle un robot ? 

D’autres avis

Les Lectures du Maki233°CTouchez mon blog, MonseigneurLe Dragon Galactique – …

7 commentaires sur “Comment parler à un alien ? – Frédéric Landragin

  1. Un documentaire intéressant, notamment pour tout le côté vulgarisation (sans compter les petites anecdotes à glaner ici et là pour briller en soirée) et qui ouvre quelques pistes de réflexions. Mais j’ai parfois eu l’impression que la SF était un prétexte pour parler des grands principes de la linguistique. Alors que j’aurais aimé que ce soit l’inverse : que la linguistique serve à éclairer et décortiquer la SF.

    J'aime

    1. Il y a un certain côté didactique, mais le but est de s’interroger sur la linguistique en vue de communiquer avec des aliens. Et vu comme on a déjà du mal entre humains, il y a encore du boulot…

      J'aime

  2. Un très sympathique ouvrage, même si c’est sûr qu’avoir lu/vu le texte de Ted Chiang le rend certainement un peu plus simple. Mais le travail de vulgarisation est dans tous les cas vraiment costaud.

    J'aime

  3. Il faut que je le lise un jour. C’est directement lié au métier de traducteur, ce genre de réflexion, et il est toujours bon de réviser un peu de linguistique. C’est vraiment chouette qu’ils aient sorti ce bouquin.

    J'aime

Laisser un commentaire !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.