Chroniques de Dragonlance tome 1 : Dragons d’un Crépuscule d’Automne – Margaret Weis et Tracy Hickman

Dragons d'un Crépuscule d'Automne - Margaret Weis et Tracy Hickman

Ah, Dragonlance, la saga mythique des années 80-90 pour les fans de jeu de rôle, des aventures d’abord parues chez Fleuve Noir puis reprises (partiellement) par Miladybragelonne fin des années 2000. Que vaut cette série en 2021, 35 ans après son écriture ? C’est ce que je te propose de découvrir, ami lecteur !

Résumé

(source éditeur)

La disparition de deux constellations dans le ciel de Krynn annonce le retour des forces du Mal. Des centaines de dragons aux ordres de la Reine des Ténèbres envahissent le monde et le mettent à feu et à sang.
Seul un groupe d’aventuriers menés par Tanis le demi-elfe a pressenti le retour du Mal. Ils représentent l’unique espoir de Krynn. Et pour vaincre ils doivent retrouver la seule arme capable de défaire les créatures de la Reine des Ténèbres : la mythique lancedragon !
Personne n’imaginait qu’ils deviendraient des héros… eux moins que quiconque !

Editeur : Bragelonne – Traduction : Laurent Queissy – Date de parution : 02/07/2009 – 576 pages

Les Auteurs

(source éditeur)

Margaret Weis et Tracy Hickman sont mondialement connus pour être les créateurs de l’univers Dragonlance, d’abord dans le domaine du jeu de rôle puis à travers plusieurs sagas romanesques vendues à plus de vingt millions d’exemplaires. En dehors de Dragonlance, ils se sont aussi brillamment illustrés avec de nombreux romans de Fantasy personnels, dont le cycle des Portes de la mort et la trilogie de La Rose du Prophète.

Mon avis

Il y a quelques temps, à force de fréquenter quelques groupes Facebook comprenant de vieux rôlistes comme moi, râleurs (comme moi) et brassant des pelletés de nostalgie, je suis retombé sur des images de bouquins de la saga Dragonlance. J’en ai fait deux vidéos Youtube (celle-ci et celle-là) et un article sur mon blog jeu de rôles (par là), je ne vais donc pas revenir dessus de façon extensive mais juste résumer un petit peu.

Dragonlance, c’est une série de romans sortis à partir de 1985 et accompagnant des modules (le nom qu’on donnait aux aventures du jeu de rôle Dungeons & Dragons, à l’époque) se déroulant dans un monde, Krynn, où les dieux sont absents car rejetés par ses habitants suite à un énorme Cataclysme, ce dont vont profiter les dragons maléfiques pour envahir tout un continent. La saga consistera alors à jouer (pour les modules de D&D) ou lire (pour les lecteurs des romans) un groupe (communauté) d’apprentis héros recherchant des (anneaux) armes mythiques, les LanceDragons (d’où le titre, hein), pour abattre le Mal. Rien de très original, donc, mais un univers assez atypique quand même, où les dragons et leurs dérivés (des hommes-dragons aux capacités parfois surprenantes) sont omniprésents dans une ambiance post-cataclysmique. Et un lancement en parallèle d’aventures, des modules mais aussi de produits dérivés, figurines, calendriers, livres d’art etc… qui a fait les beaux jours des rôlistes et du compte en banque de l’éditeur du jeu.

Devant le succès de la série, les 12 modules d’origine ont été portés à 16, de quoi jouer une campagne de grande ampleur et lire des tonnes de romans de qualité et d’intérêt variable. Sur les quasiment 200 (!) romans sortis entre 1985 et 2006 aux USA, 73 (re-!) furent traduits par Fleuve Noir entre 1996 et 2006, et souvent largement amputés voire charcutés pour des contraintes économiques,. Puis Milady/Bragelonne en publia une vingtaine entre 2009 et 2011, dont quelques inédits, avant que le soufflé ne retombe, même si de nouveaux tomes se profilent pour 2022. La saga principale – et à lire a minima si on veut découvrir l’univers – est composée d’une trilogie (original, non ?), Les Chroniques de Dragonlance, dont Dragons d’un Crépuscule d’Automne est le premier tome. La maison Xapur ne reculant devant aucun sacrifice, j’ai donc lu la version de 2009, comparé avec celle de 1996 dont les pages jaunissaient tranquillement sur une de mes étagères, relu également l’adaptation en bandes dessinées parue à l’époque chez Milady Graphics (en 4 tomes) et en bonus parcouru les deux premiers modules de D&D numérotés DL1 et DL2, qui correspondent à ce premier tome et sont titrés respectivement Les Dragons du Désespoir et Les Dragons des Flammes (tous les noms des modules comportaient « dragons » dans le titre). On ne pourra pas dire que je ne fais pas d’efforts pour contenter mon lectorat ! Mon but avoué n’étant pas de retrouver des qualités littéraires spécifiques à cette saga, ne rêvons pas, mais plutôt de me documenter afin de préparer à terme (2022 ?) une petite campagne de D&D dans le monde de Krynn.

Dans ce premier tome, Dragons d’un Crépuscule d’Automne, on découvrira donc cet univers ravagé par la guerre, alors que les troupes de Takhisis (une des incarnations possibles de Tiamat, la déesse dragon de D&D) déferlent sur les terres des humains et les forêts des elfes. A l’époque, les règles d’Advanced Dungeons and Dragons s’appliquent (comme dans Baldur’s Gate, pour les nostalgiques) et on les retrouvera assez facilement dans le récit, notamment pour les sortilèges, avec des fireball (boule de feu) ou feather fall (feuille morte), sleep (sommeil), web (toile d’araignée) etc… Les héros sont nombreux puisqu’il s’agissait de laisser du choix aux joueurs des modules parmi les personnages prétirés disponibles et de représenter les principales races et classes du jeu. On trouvera donc Tanis le demi-elfe ranger, Sturm le chevalier solamnique (paladin de Krynn), Rivebise le barbare des plaines et sa compagne Lunedor (qui va rapidement devenir prêtresse), Flint le vieux guerrier nain forcément, Tasslehoff le kender (une variante locale de hobbit facétieux voire pénible à la longue), Caramon le guerrier un peu naïf et Raislin le mage souffreteux et attiré par le Mal. Et bien d’autres qui se rajouteront en cours de route – mais je vous en fait grâce ! Chacun a son caractère, ses aspirations et est plus ou moins bien détaillé au cours de l’aventure, certains (Tanis, Raistlin, Sturm) étant plus mis en avant que les autres (Rivebise, Caramon).

Jetés sur la route à cause des forces ennemies qui déferlent depuis les terres du nord, les héros se rendent dans la cité en ruines de Xak-Tsaroth où ils trouvent des artefacts prouvant le retour des dieux de Krynn, oubliés depuis des siècles mais toujours présents pour qui sait bien regarder. L’occasion de faire un petit donjon avec un joli dragon au bout ! Puis ils sont forcés de fuir vers le Qualinesti, la patrie des elfes sylvains, eux aussi obligés de quitter leurs terres à cause de l’avancée des dragons. Enfin, direction la forteresse de Pax-Tharkas où, après un passage secret dans des anciennes tombes elfes soigneusement dissimulées, il faudra délivrer des centaines d’humains exploités dans les mines par l’armée des dragons, avec pas moins de deux spécimens rouges à combattre sur le chemin !

Après une version parue chez Fleuve Noir qui était assez pauvre du point de vue style (et comptait 379 pages), sabrant dans les descriptifs, les dialogues et les chansons, je pensai que la version Miladybragelonne serait plus fournie et mieux écrite (576 pages, quand même !). Las, ce n’est guère le cas, je crois tout simplement que c’est le style des auteurs qui est assez pauvre, et la traduction, même reprise et plus complète que celle d’origine, n’aide guère (il manque aussi, au moins, une bonne relecture). Qui plus est, certains raccourcis narratifs sont assez surprenants. Un héros que l’on croit mort revient à la vie quelques pages plus loin mais cela ne surprend guère ses compagnons qui ne s’en émerveillent pas. Des preuves du retour des dieux s’accumulent dans une certaine indifférence (à part le fait de profiter des soins d’un bâton magique, c’est toujours ça de pris, me direz-vous !). Un personnage étrange et puissant, le magicien fantasque Fizban, se joint au groupe sans y être invité et sans que la moindre méfiance ne s’installe alors que ses motivations sont plus que confuses… Et dans le même temps, certains passages « donjonesques » s’étirent en longueur, alors qu’ils sont assez mal écrits (j’ai connu des comptes-rendus de jeux de rôle narrés par des amateurs bien plus passionnants que certaines parties de ce roman). La lecture simultanée des modules explicite les choses quand on compare le parcours et les cartes des donjons, mais le roman aurait pu faire des ellipses sur certains passages purement ludiques et difficiles, voire surtout inutiles, à transposer.

Les relations inter-personnages sont elles aussi souvent forcées, liées au leadership que se disputent les héros ou aux différences de race, et tendent même un peu vers la mièvrerie quand les amours s’en mêlent (pas encore trop pour le couple de barbares des plaines Lunedor et Rivebise mais surtout pour ceux de Tanis et Laurana ou de Caramon et Tika). On comprend aussi à la lecture que des pans entiers de la vie des héros sont occultés et ne sont évoqués que par des allusions car ils ont fait l’objet de romans dérivés, dans une frénésie de publications comme on n’en a rarement vue. Chaque héros ou petit groupe a en effet eu son ou ses livres dédiés, les plus connus étant Caramon et Raislin dont la Trilogie des Légendes est la seconde la plus conseillée pour les amateurs, après celle des Chroniques. Heureusement, il y a des touches d’humour assez réussies avec le personnage du vieux magicien gaffeur Fizban (absent des modules D&D), grand ami de Tass le kender dans les poches duquel de multiples objets finissent toujours par arriver « à l’insu du plein gré » de leurs possesseurs ! Ou encore les nains des ravins qui apportent une aide inattendue aux aventuriers.

Ajoutons à tout cela les multiples empreints à Tolkien et l’on comprendra qu’il faut une certaine indulgence et/ou une nostalgie carabinée pour s’intéresser à cette histoire très classique, sauvée quand même par son univers (un continent dévasté par des hordes de dragons et de draconiens, ça fait toujours son effet) et quelques passages réussis. Je ne peux cependant que conseiller à ceux qui ont lu Dragonlance il y a des décennies de rester sur leurs (bons ?) souvenirs, orienter les autres lecteurs mais des sagas de meilleure qualité, et peut-être ne réserver cette longue aventure qu’aux plus motivés. En ce qui me concerne, je vais donc lire les deux autres… 😉

collection dragonlance
Une partie de ma collection…

D’autres avis

Dragonlance chez Xapur

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Mes avis de lectures :

13 commentaires sur “Chroniques de Dragonlance tome 1 : Dragons d’un Crépuscule d’Automne – Margaret Weis et Tracy Hickman

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  1. Haha, je pense que je vais passer. Je n’ai pas du tout essayé cet univers et je n’ai aucun attachement du coup.
    Mais je comprends ta motivation et ta nostalgie, j’ai régulièrement envie de relire mes Royaumes Oubliés quand je passe à côté d’eux 😀

    Aimé par 1 personne

    1. Ho ça dépend. J’avais relu la trilogie des héros de Phlan il y a 4 ou 5 ans et bon, c’est basique, mais j’avais bien apprécié ma lecture encore. Pareil pour les Elminster relus il n’y a pas si longtemps. J’arrive encore à apprécier, mais la nostalgie y est pour beaucoup aussi 🙂

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  2. J’adore cette conclusion disant que c’est douloureux mais que tu continues… 🤣 Respect!
    Bon c’est dommage pour moi que je n’aie pas lu ce genre de chose quand j’étais ado, je suis sûre que j’aurais adoré.

    Aimé par 1 personne

  3. Ha la la, la nostalgie fait faire des trucs dingues… 😀
    Bon, moi aussi je suis un peu nostalgique de ce cycle, alors sait-on jamais… Je sais au moins que c’est moins bon que dans mon souvenir, ce qui finalement ne m’étonne pas du tout ! 😀
    Merci de défricher ce terrain difficile ! 😉

    Aimé par 2 personnes

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