Archives pour la catégorie Fantasy

Le Sabre de Sang tome 1 – Thomas Geha

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Présentation

Cela faisait un moment que je voulais lire un roman de Thomas Geha (dont je suis régulièrement le blog), et quoi de mieux qu’une épopée d’héroïc fantasy pour cela ?

Résumé (source éditeur)

Mon nom est Tiric Sherna. J’ai survécu à la guerre. Mais la défaite que vient de   subir mon peuple, les shaos, me laisse un sale goût dans la bouche, comme une envie de   vengeance. Les qivhviens – des reptiliens belliqueux- nous ont massacré ou pire encore, réduit en esclavage. Une caravane nous convoie vers Ferza, la capitale de l’Empire qivhvien. Là-bas, dans ce nid de vipères, les plus forts d’entre-nous seront destinés aux arènes, spectacles dont sont si friands ces satanés serpents. Autant dire que je suis voué à une mort certaine…

Mais je suis un shao ! Et un jour viendra, je le jure, où nous nous relèverons et vaincrons l’ennemi. Oui, un jour, j’aurai ma revanche !

L’auteur (source éditeur)

Thomas Geha est né en 1976 en Bretagne. Il est l’auteur d’une vingtaine de nouvelles parues dans diverses revues et anthologies. Après deux romans post-apocalyptiques publiés aux éditions Black Coat Press, écrits en hommage à son écrivain fétiche, Julia Verlanger, il s’essaie à la fantasy avec ce diptyque du Sabre de Sang. On y retrouve toute la gouaille de son idole mais aussi l’inventivité et l’imagination d’auteurs comme Jack Vance ou Laurent Genefort.

Mon avis

Le Sabre de Sang nous plonge en pleine épopée de fantasy, dans un monde en guerre, à feu et à sang, où la nation qivhienne étend son empire au détriment de ses voisins. Le héros, Tiric Sherna, du côté des vaincus, devra survivre alors qu’il a été fait prisonnier par ses ennemis.

Une histoire assez classique, avec un guerrier puissant, des ennemis vraiment méchants (ce sont des hommes-serpents, hein !), des combats dans l’arène et une fuite éperdue. Mais Thomas Geha ajoute à cette trame déjà lue et relue quelques zetes d’originalité, comme ces femmes (ou femelles ?) parfois ambiguës et troublantes, un zeste de magie avec un personnage hébergeant un parasite qui le soigne, des noms inventés pour les animaux ou les plantes…

Un court roman qui se lit d’une traite, rempli de combats et de rebondissements, et qui constitue du coup une lecture divertissante. La fin, et la découverte du fameux sabre, excite la curiosité et donne envie de lire la suite. Que demander de plus ?

Bonus appréciable, un lexique en fin d’ouvrage vient compléter l’univers créé par l’auteur (une carte aurait également été agréable). Seul petit bémol, le prix un peu élevé (19 euros).

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La Compagnie Noire, tome 2 : Le Château noir – Glen Cook

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Présentation

Après un premier tome des Annales de la Compagnie Noire plutôt réussi, j’avais hâte de lire la suite des aventures de ces mercenaires peu recommandables !

Résumé (source éditeur)

D’étranges disparitions se succèdent dans la ville de Génépi : cadavres et vivants se volatilisent, proies d’un mystérieux commerce nocturne. Y aurait-il un rapport avec le château noir, cette sombre éminence qui domine la ville, cette verrue monstrueuse qui semble croître de jour en jour ? Possible… La Dame, elle, semble prendre la menace très au sérieux et dépêche la Compagnie sur place pour voir de quoi il retourne. Coincée entre l’horreur qui grandit aux abords du château et sa peur de la Dame, la légendaire Compagnie noire pourrait bien envisager pour la première fois de son histoire de rompre son contrat et de sérieusement redéfinir ses allégeances…

L’auteur (source éditeur)

Glen Cook est né à New York en 1944. Il a vécu à Columbus dans l’Indiana, à Rocklin en Californie et à Columbia dans le Missouri, où il fait des études de psychologie et participe à des ateliers d’écriture. Son premier roman paraît en 1972. Il travaille longtemps pour General Motors puis se consacre entièrement à l’écriture, à partir de 1997. Glen Cook vit aujourd’hui à St Louis avec sa femme Carol et leurs trois enfants. Il participe activement aux conventions de science fiction, et rêve de former un groupe de rock’n’roll avec ses enfants.

Auteur de science fiction depuis les années 1970, il a publié de nombreux cycles, dont Dread Empire et Star Fisher (dédié à Richard Wagner), et créé le détective Garret qui évolue dans un univers de science-fiction fantastique influencé par le roman noir. Mais, c’est avec le cycle de La Compagnie Noire que Glen Cook rencontre le succès public et l’enthousiasme des lecteurs.

Mon avis

Retour dans le monde de la Compagnie Noire avec ce deuxième tome des récits qui lui sont consacrés. Le Château Noir, loin d’être aussi épique que le premier volume, commence au contraire de façon bien plus intimiste.

Un rythme plus lent qui s’intéresse de près aux personnages. Que ce soit Toubib, le rédacteur des annales de la Compagnie, ou Marron Shed, un aubergiste qui va se trouver mêlé de près à la mystérieuse construction du Château Noir et tenir un rôle clé dans le récit. Une première partie que j’ai trouvé moins prenante, peut-être à cause du rôle somme toute secondaire qu’y joue la Compagnie Noire.

Les événements s’accélèrent vers la fin du roman, avec de grands bouleversements qui vont marquer les personnages. Le mystère qui entoure le Château est dévoilé, les combats commencent et les magiciens s’activent ! Les Asservis sont bien sûr de la partie, et la Compagnie paiera un lourd tribut, avant de se retrouver grandement bouleversée (à tous points de vue). Une fin de tome que j’ai préféré, peut-être parce que j’y ai retrouvé ce que j’avais aimé dans le premier livre, une fantasy sombre, cynique et désabusée.

Le troisième tome m’attend déjà, il conclut le cycle des Livres du Nord

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Bifrost 68

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Le nouveau Bifrost vient de sortir, avec au sommaire un gros dossier sur Ian McDonald, auteur dont je n’ai lu que le premier roman, Desolation Road, une oeuvre carrément déjantée qui m’avait laissé perplexe. La lecture des pages qui lui sont consacrées, avec sa bibliographie détaillée, ainsi qu’une longue interview, m’amène à me demander si ses productions, complexes et atypiques, ne sont pas trop exigeantes pour moi 😉

Lire la suite Bifrost 68

La Compagnie Noire tome 1 – Glen Cook

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Présentation

Intrigué depuis un petit moment par le Cycle de la Compagnie Noire, présenté comme étant de la Dark Fantasy, j’ai décidé de commencer sa lecture lorsque j’ai trouvé le premier tome en occasion. Passons donc du côté obscur…

Résumé (source éditeur)

Depuis des siècles, les souvenirs de la Compagnie noire sont consignés dans les présentes annales. Depuis des siècles, la troupe se loue au plus offrant et les batailles qu’elle a livrées ont déjà rempli maints volumes. Jamais pourtant elle n’aura traversé de période aussi trouble. Entrée au service de la Dame et de ses sorciers, la Compagnie participe à l’une des plus sanglantes campagnes de son histoire. Les combats incessants, la magie noire qui empuantit l’air… bientôt les hommes tombent comme des mouches, et ceux qui restent debout se demandent s’ils ont choisi le bon camp. Ce sont des mercenaires dépravés, violents et ignares, sans foi ni loi, mais même eux peuvent avoir peur, très peur…

L’auteur (source éditeur)

Glen Cook est né à New York en 1944. Il a vécu à Columbus dans l’Indiana, à Rocklin en Californie et à Columbia dans le Missouri, où il fait des études de psychologie et participe à des ateliers d’écriture. Son premier roman paraît en 1972. Il travaille longtemps pour General Motors puis se consacre entièrement à l’écriture, à partir de 1997. Glen Cook vit aujourd’hui à St Louis avec sa femme Carol et leurs trois enfants. Il participe activement aux conventions de science fiction, et rêve de former un groupe de rock’n’roll avec ses enfants.

Auteur de science fiction depuis les années 1970, il a publié de nombreux cycles, dont Dread Empire et Star Fisher (dédié à Richard Wagner), et créé le détective Garret qui évolue dans un univers de science-fiction fantastique influencé par le roman noir. Mais, c’est avec le cycle de La Compagnie Noire que Glen Cook rencontre le succès public et l’enthousiasme des lecteurs.

Mon avis

Raconté par Toubib, le bien-nommé soldat qui tient les chroniques – ou annales –  de la Compagnie Noire, et qui se trouve être aussi leur médecin, ce récit est celui d’une longue série de batailles, dans lesquelles la troupe de mercenaires se retrouve mêlée bien involontairement à des évènements qui la dépasse. Une lecture parfois âpre, notamment au début, et racontée à la première personne. Ainsi le style est concis, comme les notes que prendrait le narrateur, et les chapitres assez courts. On n’a donc pas toujours les tenants et les aboutissants des agissements des autres personnages, les évènements étant relatés par cet annaliste.

Embauchés par un seigneur plutôt étrange, ces soldats, pourtant habituellement peu regardant sur la morale, vont petit à petit en venir à craindre leur employeur et à se demander dans quel guêpier ils se sont fourrés. Une lecture jubilatoire quand les évènements, de plus en plus glauques, s’enchaînent. Des anti-héros cyniques et désabusés, mais pourtant fidèles à leur engagement, quelles qu’en soient les conséquences, même lorsqu’ils se rendant compte qu’ils sont dans le camp du mal absolu ! D’ailleurs, le héros s’attirera une attention bien encombrante…

Ajoutons à cela une galerie de personnages attachants, entre le capitaine bourru mais plein d’honneur, les magiciens aussi taquins que compétents, le personnage principal plein de doutes et de contradictions, et les servants bien typés de la grande méchante, elle-même ambiguë à souhait…

De la dark fantasy, sans contestation possible, qui change agréablement des niaiseux elfes gambadant dans la forêt autour d’un beau chevalier cherchant sa princesse ! Un peu d’originalité par rapport aux canons du genre, voilà ce que Glen Cook nous raconte dans ce récit que j’ai trouvé très amusant. Enfin, pas pour tout le monde 😉

Paru initialement chez L’Atalante, puis édité par J’ai Lu, ce tome est le premier des Livres du Nord, une trilogie que je compte bien terminer….

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Dragon de Glace – George R.R. Martin

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Présentation

Acheté en même temps que le Volcryn lors du salon de la S.F. de Lyon, ce recueil de nouvelles – au format décidément très agréable des éditions ActuSF – parle de fantasy, mais pas que, et montre avec brio d’autres facettes de GRR Martin, l’auteur du Trône de Fer. Lire la suite Dragon de Glace – George R.R. Martin

Bifrost 67

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Voilà un numéro que j’attendais avec impatience, après un numéro 66 consacré à Isaac Asimov qui m’avait laissé une impression mitigée !

Comme beaucoup de monde, j’ai découvert l’auteur à l’honneur de ce Bifrost 67, George Raymond Richard Martin, à la suite du succès phénoménal de l’adaptation en série TV du Trône de Fer. Après avoir lu les deux premières Intégrales chez J’ai Lu, j’avais élargi mes lectures à certaines autres oeuvres, comme le Chevalier Errant/L’Épée Lige ou le Volcryn dont j’ai parlé ici récemment, ou encore le recueil Dragon de Glace.

Chose frappante chez GRR Martin, c’est le fait que malgré le nombre impressionnant de récompenses qu’il a reçu au cours de sa carrière (on ne compte plus les prix Locus, Nebula, Hugo, Bram Stoker qu’il a gagné ou auxquels il a été nominé), il était inconnu du grand public, et même d’une bonne partie des lecteurs francophones de SFFF, avant l’explosion médiatique liée au Trône de Fer. Heureusement, les éditeurs ont eu la bonne idée de publier ses textes et l’essentiel de sa production est désormais disponible en français.

Une oeuvre qui fait l’unanimité par sa qualité, que ce soit sur les textes les plus longs ou sur les nombreuses nouvelles qu’il a écrit. Autant dire que ce numéro de Bifrost est un vrai bonheur, avec notamment deux nouvelles de Martin, bien écrites et à la conclusion… étonnante, chose que j’ai souvent remarqué dans ses textes. De même, le style n’est pas sans me rappeler par moment le Stephen King de la grande époque (celle où il privilégiait la concision au lieu de délayer à outrance ses bonnes idées).

Bibliographie complète, guide de lecture, articles de fond, toutes les clefs pour aborder cet auteur « injustement » méconnu sont là, je ne pourrai donc que conseiller cette revue qui m’a incité à rallonger la liste des livres de GRR Martin que je prévois de lire.

Et quelques autres, avec les critiques des parutions du moment, traitées sans concession. Même si le dernier Dan Simmons, Flashback, en plus d’être éreinté (pourquoi pas, on a le droit de ne pas aimer) reçoit des qualificatifs plus qu’insultants (ce qui me semble dommage et excessif).

Dans le prochain numéro de Bifrost, en octobre, l’auteur mis en avant sera Ian McDonald. Un écrivain qui m’a un peu déçu avec Desolation Road, espérons que j’y trouverai des pistes sur d’autres lectures plus adaptées à mes goûts…

Ils l’ont lu aussi :

L’Empire ultime (Fils des Brumes, tome 1) – Brandon Sanderson

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Présentation

Encensé par de nombreux lecteurs de fantasy, Brandon Sanderson et son cycle de l’Empire Ultime avaient tout pour attiser ma curiosité…. Lire la suite L’Empire ultime (Fils des Brumes, tome 1) – Brandon Sanderson

Bifrost 66

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Je me faisais une joie de lire ce Bifrost d’avril 2012 dédié à Isaac Asimov. Cet auteur est l’un des plus populaires de la SF, et souvent l’un des premiers que l’on découvre quand on commence à s’intéresser au genre. Ses deux cycles majeurs, « les Robots » et « Fondation », sont très connus et accessibles à tous les publics. Depuis un moment, mes deux Omnibus de la saga des Robots m’attirent du coin de l’oeil, et je me demande si (quand ?) je vais les reprendre en main. Lire la suite Bifrost 66

Druide – Oliver Peru

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Présentation

A l’occasion de sa sortie en livre de poche, j’ai eu la possibilité de faire une lecture commune de Druide d’Oliver Peru. Un livre de fantasy écrit par un auteur français et ayant reçu des critiques dythirambiques, ce qui attise forcément mon envie de le lire mais aussi ma méfiance !

Résumé (source éditeur)

1123 après le Pacte.

Au nord vivent les hommes du froid et de l’acier, au sud errent les tribus nomades et au centre du monde règnent les druides. Leur immense forêt millénaire est un royaume d’ombres, d’arbres et de mystères. Nul ne le pénètre et tous le respectent au nom du Pacte Ancien. Les druides, seigneurs de la forêt, aident et conseillent les hommes avec sagesse mais un crime impensable bouleverse la loi de toutes les couronnes : dans la plus imprenable citadelle du Nord, quarante-neuf soldats ont été sauvagement assassinés sans que personne ne les entende seulement crier.

Certains voient là l’oeuvre monstrueuse d’un mal ancien, d’autres usent du drame comme d’un prétexte pour relancer le conflit qui oppose les deux principales familles régnantes. Un druide, Obrigan, et ses deux apprentis ont pour mission de retrouver les assassins avant qu’une nouvelle guerre n’éclate. Mais pour la première fois, Obrigan, l’un des plus réputés maître loup de la forêt, se sent impuissant face à l’énigme sanglante qu’il doit élucider… Chaque nouvel indice soulève des questions auxquelles même les druides n’ont pas de réponses.

Une seule chose lui apparaît certaine : la mort de ces quarante-neuf innocents est liée aux secrets les plus noirs de la forêt.

L’auteur (source éditeur)

Nomade de l’imaginaire, Olivier Peru est un auteur français aux multiples facettes qui explore en mots ou en images l’art de conter des histoires. Illustrateur, scénariste et dessinateur BD, il signe plusieurs séries aux éditions Soleil, Shaman, Lancelot, Zombies, In Nomine, la guerre des Orcs et il coécrit la série de romans Les Haut-Conteurs chez Scrineo Jeunesse. En parallèle, il travaille aussi comme scénariste, storyboarder et designer au cinéma et à la télévision. Druide est son premier roman.

Mon avis

Un livre de fantasy qui n’a pas comme héros un guerrier ou un magicien surpuissant, voilà qui change un peu. Obrigan, le héros, est en effet un druide qui a la charge de deux apprentis. Très attaché à sa forêt, il voit d’un mauvais oeil les tendances belliqueuses des royaumes voisins qui ne pensent qu’à s’entre-tuer. Et comme les druides ont un rôle d’arbitre, c’est lui qui a été choisi pour éviter la guerre. Le compte à rebours commence, il n’a que 21 jours devant lui…

Ses certitudes vont cependant voler en éclat lors d’une enquête sur un massacre ignoble et lors de la découverte des plus noirs secrets de ses chefs. Une évolution qui va se faire lentement, car Peru prend son temps pour avancer dans le récit, ponctué de moments inquiétants et parfois carrément gores.

La seconde partie voit s’enchaîner les combats, alors que la forteresse des druides est assiégée par les forces du mal, ce qui s’accompagne un peu de longueurs et de redites.  L’auteur fait cependant preuve d’originalité, comme avec les origines des créatures de l’ombre, de leur chef, ou encore avec le personnage de Jarekson, un prince roublard mais attachant.

Un livre fluide et donc plutôt original pour le genre, qui ne mérite bien sûr pas à mon avis le titre de chef d’oeuvre, mais se révèle plaisant. Et ce n’est déjà pas si mal !

Une lecture commune organisée par Iluze, avec : FrankieHeclea, Thalia, Joan…

D’autres avis chez Gromovar – Blackwolf – L’Ours Inculte – Célindanaé – …

Mordre le bouclier – Justine Niogret

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Présentation

J’avais beaucoup aimé Chien du heaume et le style de Justine Niogret, je n’ai donc pas attendu la sortie en poche de la suite, Mordre le bouclier, et je l’ai acheté lors du festival de la SF de Lyon. La présence du stand de l’éditeur Mnémos, et la superbe couverture (de Johann Bodin), m’ont fait craquer !

Résumé (source éditeur)

Castel de Broe. Six mois ont passé depuis la mort de Noalle et Chien du heaume, anéantie par la perte de ses doigts, s’abîme dans la contemplation de sa griffe de fer, cadeau de Regehir le forgeron. Bréhyr entend lui redonner vie et l’entraîne sur les routes à la recherche du dernier homme qu’elle doit tuer: Herôon. Parti en Terre sainte, celui-ci reviendra par le Tor, une tour mythique où le monde des vivants s’ouvre à celui des morts. Les deux guerrières remontent alors le sillage de sang, de larmes et de pourriture des croisades, arpentant côte à côte la voie de la folie et de la vengeance. Dans ce calvaire, Chien rencontrera Saint Roses, chevalier à la beauté d’icône, au savoir de maestre et dont la foi s’est érodée au pied des hautes murailles de Jérusalem. Une faible lueur qui annonce peut-être un espoir de rédemption.

L’auteur (source éditeur)

Née en 1978 et vivant aujourd’hui dans les Alpes-Maritimes, Justine Niogret est amoureuse de la fantasy et du Moyen Âge. Elle approfondit ses connaissances romanesques et théoriques en pratiquant la forge et l’équitation.

Mon avis

Suite directe de Chien du heaume, je pense qu’il est indispensable de lire le premier pour bien comprendre l’histoire et les psychologies des personnages. Car c’est dans l’esprit des deux personnages principaux, Chien et Bréhyr, que va se passer une bonne partie du roman. Si « Chien du heaume » comprenait quelques longueurs entre des scènes d’action fulgurantes, « Mordre le bouclier » est beaucoup plus axé sur les questionnements intérieurs des deux héroïnes. Peu d’action, mais un long cheminement qui les voit quitter le Castel de Broe, pour aller temporairement s’installer dans une grande ville, avant de rejoindre un fort abandonné, où elles vont attendre le retour d’un ennemi de Bréhyr, qui veut assouvir une vengeance implacable.

L’occasion bien sûr de creuser la psychologie des personnages et de leur faire rencontrer d’autres anti-héros perdus, tels ce chevalier infirme ou cette maigrichonne porteuse d’arbalète. Justine Niogret confirme son style, avec un ensemble d’une haute tenue et des dialogues incisifs.

Mais j’ai trouvé ce roman un peu au dessous de « Chien du heaume ». Peut-être parce que le premier m’a beaucoup surpris, et énormément plu. Ou plus sûrement car il est plus lent et moins rythmé que le précédent, avec de longues pages d’interrogations existentielles. Pour autant, cela reste un très bon livre, et la fin, sans la dévoiler, est d’une grande puissance, tout en ayant un côté onirique très développé. Si vous avez aimé « Chien du heaume », vous ne pourrez logiquement qu’apprécier sa suite.

A noter un lexique moins hilarant que celui de « Chien du heaume » mais qui confirme le sens de l’humour assez particulier de Justine Niogret, et une postface de Jean-Philippe Jaworski, qui apporte quelques éléments très intéressants sur la composition du récit.

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