Festival les Oniriques – Meyzieu (69)

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Etant voisin, je ne peux passer sous silence l’organisation par la médiathèque de Meyzieu, dans le Rhône, du festival Les Oniriques, du 8 au 10 mars 2013.

L’occasion d’assister à des spectacles, des animations sur le thème de l’Imaginaire, et de rencontrer des auteurs et illustrateurs, notamment Ayerdhal, Vincent Joubert, Gilles Francescano, Anne Fakhouri, Jean-Philippe Jaworski, Danielle Martinigol, Pierre Pevel, Nathalie Le Gendre, Marika Gallman, Philippe-Henri Turin, Nadia Coste, Jean-Luc Bizien, Marie-Hélène Delval, John Lang, Florent Gounon…

Parmi les partenaires, citons  « Les Indés de l’Imaginaire », mise en commun des moyens d’ActuSF, des éditions Mnémos et des Moutons Electriques, le top des éditeurs régionaux !

Toutes les infos

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Le Secret – Christian Léourier

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Pour clôturer le second volume de l’Intégrale de Lanmeur, voici une nouvelle inédite du cycle de Christian Léourier.

Un récit avec pour héros un grand-père et sa petite fille, née métisse entre une indigène et un lanmeurien. Un moment passé entre eux et raconté sur un ton délicat, et qui intègre des traditions – voire superstitions – du monde colonisé, et des éléments de modernité liés à Lanmeur. Mais c’est surtout une formidable leçon d’amour et de tolérance envers celui qui est différent. Le tout avec une pointe d’humour bienveillant.

Christian Léourier prouve, une fois de plus (s’il en était besoin), qu’il est capable de construire une histoire très profonde et touchante en quelques pages, dans son style inimitable.

A lire aussi l’avis de : Lune

Une lecture participant au Challenge « Je lis des nouvelles et des novellas »

La Loi du Monde – Christian Léourier

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Présentation

Second et dernier roman de la seconde intégrale du Cycle de Lanmeur (qui comprend aussi une nouvelle inédite), la Loi du Monde nous raconte l’histoire d’un enfant recueilli par les hommes de Lanmeur. Devenu adulte, il cherchera son « vrai » nom…

Précédemment paru chez « J’ai Lu ».

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Résumé (source éditeur)

On l’appelle Skiath… Mais lui, déchiré, sait bien qu’il ne s’agit que d’un nom d’emprunt. Sur Ti-Grid, ce monde rugueux qui ignore tout de la guerre, c’est le nom d’un homme qui lui dicte sa loi. Et c’est cette loi qui conduit sa vie. Sur les hauts plateaux éternellement battus par les vents, hanté par le souvenir d’Enwin, son amour perdu, Skiath erre à la recherche de son nom véritable. Quête douloureuse : recueilli et initié par les étrangers raffinés de Lanmeur, la planète mère du Rassemblement, ignoré par les siens pour avoir transgressé l’interdit du lagad, l’épice rituelle, il fait figure de proscrit. Et peut-être même de menace : à mesure que Skiath le solitaire, partagé entre deux cultures, progresse vers son but, se profile sur Ti-Grid tout entière un rêve de violence, dominé par le fracas des armes…

L’auteur (d’après Wikipedia)

Né à Paris en 1948, Christian Léourier a fait des études de philosophie et exerce la profession d’analyste. Passionné de S-F, il a publié plusieurs romans parmi lesquels L’astéroïde noirLes montagnes du soleil… C’est l’un des plus prometteurs écrivains français de S-F.

Mon avis

Privé de son nom, un homme peut-il exister ? C’est le thème principal de cette histoire, située sur la planète Ti-Grid. Une quête d’identité qui poussera Skiath, homme élevé au milieu du confort des colons lanmeuriens, à aller affronter la nature hostile de sa planète, à la recherche de ses origines.

Encore une fois, le goût de Christian Léourier pour la nature et les grands espaces transparaît dans cette quête difficile et douloureuse, très chargée émotionnellement. Chacun doit trouver sa voie et ressentir la force de son nom, mais celui-ci prédestine-t-il le caractère – ou le destin ? Qu’en est-il de son propre libre-arbitre ?

Des questions essentielles, voire existentielles, évoquées à travers le puzzle du Cycle de Lanmeur.

Au risque de me répéter (mais pourquoi se priver ?), c’est brillant et injustement méconnu. Heureusement, cette ré-édition est là !

A lire aussi l’avis de : Lune

Les Racines de l’Oubli – Christian Léourier

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Présentation

Premier roman à ouvrir le tome II  de l’Intégrale du Cycle de Lanmeur, baptisée « les Enfants du Léthé », voici donc les Racines de l’Oubli, roman qui porte bien son nom… Et une belle illustration par Eric Scala, à comparer (ou pas) avec sa petite couverture kitchounette d’origine qui n’avait rien à voir avec le récit…

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Résumé (source éditeur)

Sur la planète-bagne de Borgoet, d’étranges forçats au cerveau lavé de toute mémoire, puis placés sous la férule de cruels gardiens, luttent au péril de leur vie contre l’inexorable avancée de la forêt. Parmi eux, Garth, condamné autrefois comme ses compagnons aux travaux forcés à perpétuité; et pour un crime dont il ignore tout.

Chez les bagnards du Camp 23, asservis par la drogue du léthé et la promesse d’un congé à la maison publique des Collines Pourpres, la révolte couve… Entraînés par Garth et le mystérieux Iwerno, les Frères de la Mémoire ne tarderont pas à reconquérir dans le sang leur liberté perdue mais découvriront alors la véritable raison de leur exil forcé de la planète mère de Lanmeur. Que deviendront les anciens forçats, les pensionnaires de la maison des femmes ? Et quel est finalement le secret des cités de Borgoet ?

L’auteur (d’après Wikipedia)

Né à Paris en 1948, Christian Léourier a fait des études de philosophie et exerce la profession d’analyste. Passionné de S-F, il a publié plusieurs romans parmi lesquels L’astéroïde noirLes montagnes du soleil… C’est l’un des plus prometteurs écrivains français de S-F.

Mon avis

Ce qui frappe, au début de la lecture de ce roman, c’est l’atmosphère oppressante de la jungle dans laquelle les prisonniers doivent progresser, coûte que coûte. Des prisonniers qui sont en fait des bagnards, condamnés à lutter contre une forêt emplie de pièges et parfois contre leurs compagnons d’infortune ! Christian Léourier nous décrit leur triste sort d’un ton parfois cynique et désabusé quant au sort de ceux qui périssent. Et les prisonniers doivent en plus mériter leur dose quotidienne de drogue, le léthé (qui a déjà été évoqué sur une autre planète), et qui les prive fort opportunément des souvenirs douloureux de leur passé.

Lanmeur, la planète-mère, pourtant lointaine avec la visite d’un vaisseau tous les 15 ans, apparaît ici sous un angle bien différent de celui du Rassemblement. Pas d’humanité, encore moins d’humanisme sur cette planète-prison où les hommes finiront par se rebeller. Mais que faire ensuite ? Quelle société recréer ? Des thèmes que Léourier a réussi à traiter avec brio dans ce récit, tout comme l’autorité et la justice, et qui susciteront la réflexion.

Encore une fois, une très belle réussite !

A lire aussi l’avis de : Lune – Jae_LouPhookaMarieJuliet

La Chute d’Hypérion – Dan Simmons

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Présentation
Après la lecture d’Hypérion, et sa fin laissant les pélerins arrivés face aux Tombeaux du Temps (et au gritche !), alors qu’une guerre interstellaire commençait, il me fallait continuer l’aventure avec sa suite, La Chute d’Hypérion !

Résumé (source éditeur)

L’Hégémonie gouverne plus de trois cents mondes. Les Extros ont pris le large après l’Hégire mais un de leurs essaims, depuis trois cent ans, se rapproche d’Hypérion.
L’ouverture des Tombeaux du temps est proche. L’Hégémonie envoie sept pèlerins sur la planète.
Drôles de pèlerins ! Celui-ci n’arrive pas à se débarrasser d’un parasite de résurrection ; celui-là écrit un poème qui, selon lui, infléchira le cours des évènements  Deux d’entre eux veulent tuer le gritche ; un autre hésite à lui sacrifier sa propre fille, qui naîtra dans trois jours. Et le dernier semble trahir tout le monde, ce qui étrangement ne trouble personne…

L’auteur (source éditeur)

Né dans l’Illinois en 1948, Dan Simmons voit se dessiner sa vocation d’écrivain en découvrant Jack Vance. Professeur de littérature pendant une dizaine d’années, il écrit ses premières nouvelles et se fait remarquer par le célèbre anthologiste Harlan Ellison. Fort du succès critique et commercial de ses premiers ouvrages – comme par exemple Le Chant de Kali –, il quitte l’enseignement et publie bientôt le cycle d’Hypérion, qui renouvelle les codes du space opera et lui vaut le prix Hugo.
Dan Simmons construira par la suite une œuvre naviguant entre la science-fiction, le polar, l’horreur et le fantastique.

Autres oeuvres chroniquées ici : Hypérion Flashback

Mon avis

Retour donc dans l’univers d’Hypérion, pour le dénouement (?) de l’histoire.

Les pèlerins, seuls dans la vallée des Tombeaux du Temps, affrontent chacun à leur façon le gritche. Des confrontations que nous suivons via les rêves de Joseph Severn, nouveau cybride de John Keats et personnage central de l’histoire, puisqu’il est aussi témoin privilégié de la guerre menée par la présidente de l’Hégémonie contre les Extros.

Après un début de cycle plus intimiste puisqu’orienté vers les pèlerins, La Chute d’Hypérion prend une dimension épique. Guerre interstellaire, voyages dans le cyberspace ou dans le temps, intelligences artificielles, machinations cosmiques, personnages attachants, Dan Simmons manie un gigantesque puzzle qui s’assemble à la perfection. Et même si certains concepts ne sont pas toujours évidents à saisir (pour moi en tout cas…), l’ensemble est très bien écrit et captivant. Au point que j’ai préféré ce roman à son prédécesseur, dont le niveau était déjà très bon – et la lecture absolument nécessaire pour la bonne compréhension.

Franchirais-je le pas de lire les suites ? L’aventure se poursuit en effet avec Les Voyages d’Endymion (comprenant Endymion et L’Éveil d’Endymion), soit encore 4 tomes « grâce » au découpage agaçant de Pocket ! J’attends vos avis dans les commentaires 😉

A lire aussi les critiques chez : Nevertwhere, Tesrathilde, Célindanaé,  – …

Contrepoint (Anthologie)

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Voici une double bonne idée des éditions ActuSF : offrir gratuitement une anthologie pour tout achat de deux livres de leur collection, et choisir pour celle-ci des textes sans violence ou guerre. Ce qui, visiblement, n’est pas si facile que ça dans notre genre préféré, si on en croit la préface de Laurent Gidon 😉

Au sommaire :

  • L’Amour devant la mer en cage de Timothée Rey : de la SF onirique, poétique, assez déstabilisante, mais qui a son charme.
  • Le Chercheur de vent de David Bry : un très court récit d’initiation, assez classique.
  • Petits arrangements intra-galactiques de Sylvie Lainé : un hilarant récit d’atterrissage en catastrophe et de survie sur une planète.
  • Nuit de visitation de Lionel Davoust : une nouvelle que j’ai trouvé émouvante, située en marge de l’univers de Léviathan, saga que j’ai en ligne de mire.
  • Tammy tout le temps de Laurent Queyssi : un récit sur l’oubli, la mémoire, l’amour. Pas évident, mais intéressant.
  • Avril de Charlotte Bousquet : un très joli texte où une cyborg archéologue découvre une momie.
  • Permafrost de Stéphane Beauverger : des tribus ennemies doivent s’unir pour survivre, mais à quel prix ? Une nouvelle qui ne me parait pas vraiment répondre aux critères de non-violence de l’anthologie…
  • Mission océane de Xavier Bruce : une émouvante rencontre du troisième type, au fond d’une ferme de Dordogne !
  • Semaine utopique de Thomas Day : une histoire déjantée, carrément atypique, sur les affres de la création chez un écrivain déglingué. Souvent amusante, mais je l’ai trouvée un peu hors-sujet ici.

Au final, un ensemble de textes tout à fait sympathiques, pour cette anthologie que je ne peux que recommander (surtout que trouver deux livres à acheter chez ActuSF n’a rien de compliqué,  j’en ai déjà chroniqué un certain nombre ici même). Et sachez aussi que vous pouvez acheter les nouvelles en numérique, à l’unité, sur leur site.

Retrouvez les avis de : EndeaLorhkan, Lhisbei, La Croisée des Chemins

Une lecture participant au Challenge « Je lis des nouvelles et des novellas »

Ymaginères 2

Ymagineres 2

Le numéro 2 du magazine web gratuit Ymaginères est sorti, avec cette fois un spécial Tolkien (c’est le moment^^).

Au menu, notamment, une bibliographie, un dossier sur Beren et Luthien (les célèbres amants), un autre sur les langues parlées en Terre du Milieu (d’une grande importance pour le philologue Tolkien), l’influence du professeur sur le genre fantasy (entre copie et rejet, avec quelques mots sur les éditeurs français), de nombreuses pages sur Le Hobbit, of course, des nouvelles, dessins etc…

Et puis, des dossiers jeu de rôle, livres dont vous êtes le héros, JdR sur forum, des scénarii (dont l’un dans la région de Bree et des Galgals !)…

Tout cela étant d’une bonne tenue avec une belle mise en page, pour un webzine amateur.

Le site est par là, la lecture en ligne ou le téléchargement se font sur cette page (format pdf, 18 Mo). Edit : site supprimé par ses auteurs

Le Hobbit : un voyage inattendu (film, 2012)

Première critique de film sur ce blog, on reste néanmoins dans la thématique ! Attention, le texte ci-dessous peut contenir des spoilers, et de la mauvaise foi. A lire à vos risques et périls !

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J’attendais l’adaptation du Hobbit avec un mélange d’excitation et d’appréhension. Fan de Tolkien, sans être érudit ni puriste, j’avais apprécié Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson, que je possède en coffrets DVD et en Blu-Ray version longue. Et sachant bien qu’il s’agit d’adaptation, je suis souvent prêt à pardonner les nécessaires déviations par rapport à l’oeuvre d’origine. En plus, je m’étais préparé en lisant Le Hobbit dans sa nouvelle traduction, en version annotée. Et en suivant ses traces dans le MMORPG du Seigneur des Anneaux Online…

Appréhension quand même, face au look improbable des nains, ou au fait qu’on soit maintenant face à une trilogie… Allonger la sauce pour mieux faire le lien avec le SdA, certes, mais de là à en faire trois films, dont le premier, Un Voyage Inattendu, dure déjà près de 3 heures ! En attendant la version longue (sic) !

Pourtant je ne demandais pas mieux que de me laisser entraîner à nouveau en Terre du Milieu (que je fréquente par ailleurs via le jeu qui s’en inspire). Et quel plaisir de retrouver les acteurs du SdA, Ian McKellen en Gandalf, Ian Holm en Bilbo vieillissant, un petit passage d’Elijah Wood en Frodo, la belle Galadriel, euh, Cate Blanchett… et enfin Martin Freeman qui s’en sort plutôt bien en « jeune » Bilbo. Et la Comté, les beaux paysages de la Terre du Milieu (ou de Nouvelle-Zélande, au choix), Fondcombe… euh Fendeval…

Hélas, dès le début du film, de petits détails m’ont gêné et qui m’ont empêché d’adhérer pleinement. Des trucages, parfois approximatifs, dans les postiches de Gandalf ou de Saroumane. Les nains, peu crédibles (Gimli, reviens !), certains ayant même peu de barbe (Fili et Kili, des nains ? Vous êtes sûrs ?). Le gros Bombur, complètement raté. Même le fameux Thorin n’a pas l’air d’un nain !

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Des nains ? Où çà ?

Un Azog (qui, entre nous soit dit, n’a rien à faire là, à part le méchant-de-service-qui-surgit-toujours-à-l’improviste) et qui est presqu’aussi moche que le moche de Prometheus, c’est dire. Comme son ouargue blanc, d’ailleurs. Des scènes où l’on voit bien le tournage sur un plateau de studio (Dol Guldur ou les jambes des géants, par exemple).

Mais le pire est ailleurs. Un lâcher de beauferies avec des nains qui… rotent. Hum. Un troll qui se mouche sur Bilbo. Oh non ! Un Radagast sous acide qui a abusé des champignons hallucinogènes (même Saroumane le dit)… On parle quand même d’un des cinq magiciens de la Terre du Milieu. Un être divin, magique, un Istari, un Maiar. Et Jackson en fait un fou furieux couvert de fientes qui monte un traîneau tiré par des… lapins. On touche le fond. Je prends les paris pour savoir qui il va faire péter en premier. Gandalf ? Bilbo ? Elrond ?

Actualiser le conte pour enfants de Tolkien (écrit en 1937 et peut-être à adapter un peu à notre époque) ne veut pas forcément dire le rendre vulgaire, ou conduire à un nivellement par le bas !

Tout n’est pas à jeter, cela reste quand même assez agréable de voir se matérialiser les aventures de Bilbo. Gobelinville est très bien rendue, la partie d’énigmes avec Gollum aussi, la scène du bois en feu assez épique, comme le début en Erebor et l’arrivée de Smaug. Mais voilà, trop de lourdeurs, trop de vulgarité m’ont plombé le film. Dommage, franchement. Alors j’irai voir la suite, hein, « forcément ». Enfin, les suites… Mais sans hâte excessive. En espérant être agréablement surpris. Mais je crains d’être déçu. Encore.

A lire : mon avis sur Le Hobbit : La Désolation de Smaug

Skin Trade – George R.R. Martin

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Présentation

Ne pouvant pas rester longtemps insensible à un récit de G.R.R. Martin, dont j’ai déjà loué ici (plusieurs fois) les mérites, j’avais profité de mon passage à Octogônes 2012 pour ajouter Skin Trade à ma Pile à Lire !

Résumé (source éditeur)

Il fût un temps où cette ville était au centre du monde. Un temps où sa puissance se nourrissait du sang et du fer. Mais aujourd’hui elle n’est plus que rouille et elle attend la ruine. C’est un territoire parfait pour Willie Flambeaux et Randi Wade. Lui est agent de recouvrement, elle, détective. Mais lorsqu’une série de meurtres particulièrement atroces ensanglante cette ville qu’ils croyaient si bien connaitre, ce n’est plus dans le labyrinthe des rues qu’ils auront à mener l’enquête, mais dans les recoins les plus sombres de leurs propres passés. Là où se cachent leurs plus grandes peurs.

Auteur du Trône de Fer, George R. R. Martin signe avec Skin Trade un roman policier dans lequel se mélangent flics, fantastique et loups garous. Un suspens haletant et grandiose, qui a reçu le World Fantasy Award en 1989. Et pour aller plus loin, ce livre contient un dossier sur l’auteur.

L’auteur (source éditeur)

George R. R. Martin a été un auteur qui a écrit beaucoup de nouvelles dans les années 1970, et a remporté plusieurs prix Hugo et Nebula avant de se tourner vers la littérature générale à la fin de la décennie. Bien que la plus grande partie de son œuvre relève de la fantasy ou de l’horreur, un certain nombre de ses premières œuvres sont de la science-fiction se passant dans un univers futuriste récurrent.

Dans les années 1980, il travailla à la télévision comme rédacteur pour plusieurs séries dont certaines de science fiction. Une de ses nouvelles fut adaptée au cinéma pour le film Nightflyers. En 1996 George R. R. Martin retourne à l’écriture de roman en entamant le cycle de fantasy A song of ice and fire (littéralement Un chant de glace et de feu), nommé en français Le Trône de Fer, qui est également le nom du premier volume paru en français. Ce sont ses livres les plus connus du public aujourd’hui.

George R. R. Martin est marié à Parris McBride depuis le 15 février 2011 après trente-cinq ans de vie commune.

Mon avis

Tout d’abord un petit mot sur la superbe couverture d’Andrew Brace (qui a aussi signé celle de Dragon de Glace). Une peinture qui met dans l’ambiance de ce court roman, une ambiance poisseuse  et sombre, comme celle de la petite ville où se situe l’action.

Une histoire qui commence comme un polar, bien glauque, avant que le fantastique ne fasse irruption, et que l’on ne bascule dans l’horreur. G.R.R. Martin prouve une fois de plus qu’il maîtrise son sujet, ici avec une histoire de loup-garou (enfin de lycanthrope…) menée de main de maître, sans digression interminable.

J’ai souvent pensé à Stephen King lors de la lecture de Skin Trade, mais à l’époque où celui-ci savait encore raconter une histoire sans délayer sur plusieurs centaines de pages. Pas de risque ici, Martin nous gratifie d’un récit court (moins de 200 pages), direct mais intense, sans temps mort. Et bien sûr, comme souvent avec lui, la fin nous réserve une surprise…

Encore une lecture hautement recommandable.

En bonus, un dossier sur l’auteur et sur son oeuvre phare, le Trône de Fer bien sûr, un peu trop détaillé dans le contexte de ce petit livre, mais aussi un survol de quelques autres de ses récits (que j’ai hâte de découvrir) et une bibliographie.

Retrouvez aussi les avis de :

Une lecture participant au Challenge « Je lis des nouvelles et des novellas »

Mille Fois Mille Fleuves – Christian Léourier

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Présentation

Dernier roman du premier volume de la très belle Intégrale du Cycle de Lanmeur de Christian Léourier, Mille Fois Mille Fleuves porte un nom cryptique qui s’expliquera bien sûr à sa lecture. Et quelle lecture ! Pour mémoire, la couverture de l’édition J’ai Lu

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Résumé (source éditeur)

« Mille fois mille fleuves ont balayé la Terre, avant de se perdre en un seul océan… »

Choisie entre toutes par les Gardiens des Eaux pour être la nouvelle épouse du fleuve, Ynis doit quitter son village, s’initier aux mystères de la Cité Secrète, et apporter son tribut à la Réincarnation du Vieux Saumon. Fascinée par les hommes oiseaux, dont on dit qu’ils sont un jour tombés du ciel, elle succombe au charme de Stern, qui prétend, lui, venir d’une planète lointaine. Mais la faute est si grave que les amants doivent fuir, tandis que le fleuve se venge de son épouse infidèle.

Commence alors pour Ynis et l’homme oiseau une aventure qui les emmènera dans le monde inconnu des montagnes, une aventure et un amour qui dureront toute leur vie…

L’auteur (d’après Wikipedia)

Né à Paris en 1948, Christian Léourier a fait des études de philosophie et exerce la profession d’analyste. Passionné de S-F, il a publié plusieurs romans parmi lesquels L’astéroïde noirLes montagnes du soleil… C’est l’un des plus prometteurs écrivains français de S-F.

Mon avis

Dans ses romans du Cycle de Lanmeur, Christian Léourier explore différents thèmes. Et celui de Mille Fois Mille Fleuves est l’amour. Mais bien sûr traité d’une façon inhabituelle. Car l’héroïne, Ynis, jeune femme issue d’un petit village situé au bord du fleuve Finnllion, deviendra l’épouse du fleuve lui-même ! Un honneur, sur une planète où l’eau, source de vie, est le symbole même de la société. Et cet honneur la conduira auprès du dieu vivant de la planète, le Vieux Saumon, doté de pouvoirs extraordinaires. C’est dans son entourage qu’elle connaîtra un émissaire de Lanmeur, avec qui elle vivra une passion dévorante.

Les lanmeuriens, présents en arrière-fond, qui viennent au nom du Rassemblement, ou bien plutôt commercer avec la planète voire exploiter ses ressources et lui prélever un tribut ? Surnommés les hommes – oiseaux, c’est l’un d’eux qui s’enfuira avec Ynis, sur le thème de l’amour qui bouleverse tout, et provoque un changement de vie radical, symbolisés par la destruction du village ou le changement de lieu de vie, du fleuve à la montagne.

Un récit puissant et délicat, très bien écrit et captivant, qui aborde un thème universel au travers d’une société atypique.

Une histoire qui clôt brillamment ce premier volume de l’Intégrale et m’a fort logiquement donné envie de lire la suite (à découvrir par ici).

A noter en fin de volume des poèmes, omis des éditions J’Ai Lu pour cause de pagination, une longue interview de Christian Léourier (qui fait écho à celle de la revue Bifrost numéro 65) et une bibliographie complète de cet auteur qui mérite d’être (re)découvert !

A lire aussi les avis de :

Chroniques littéraires de science-fiction et fantasy

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