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Forteresse – Georges Panchard

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Présentation

Après avoir lu Heptagone que j’avais beaucoup aimé, je me suis tourné vers l’autre récit du même univers. Je vous conseille par contre  fortement de lire Forteresse en premier !

Résumé (source éditeur)

Dans les années 2030, les «mégacorporations» se sont largement affranchies de l’autorité des États. Les grandes entreprises, souvent contrôlées par des organisations mafieuses, recourent fréquemment à des actions de type militaire, notamment l’assassinat de dirigeants rivaux. Pour des raisons politiques, un contrat est lancé contre Brian Mannering, le patron de Haviland Corporation, une des plus puissantes compagnies de la planète. L’action doit avoir lieu au siège andalou de la compagnie, Castell One, une forteresse high-tech apparemment inexpugnable… Ses défenses seront cependant contournées à travers un étrange travail sur la mémoire.Thriller situé dans un avenir proche et vraisemblable qui échappe aux clichés habituels sur les méchantes multinationales et surfe sur le retour du religieux en politique, à la lisière de la science-fiction (mais bien à l’intérieur de ses frontières), prospective discrète mais souvent judicieuse et toujours inquiétante…

L’auteur (source éditeur)

Georges Panchard est né en 1955 à Fribourg. Juriste auprès de la Direction de l’aéronautique civile suisse, il est l’auteur de nouvelles qui ont régulièrement reparu dans les meilleures anthologies, et d’un roman publié en 2005 dans la collection « Ailleurs et Demain » : Forteresse.

Mon avis

Georges Panchard nous livre ici une vision d’un futur proche où les multinationales se livrent une guerre sans merci et où la religion joue un rôle important. Je ne vais pas reprendre la description de cet univers (lisez ma critique sur Heptagone, tout y est ;)).

La construction de l’histoire est atypique, avec une multitude de petits chapitres qui entrecroisent le destin de plusieurs personnages, et mêle leur passé et leur présent. Un effort de lecture s’imposera donc pour bien suivre les acteurs et les dates, mais j’ai trouvé que c’était assez fluide, en fait. (Les lecteurs d’Heptagone remarqueront que dans celui-ci nous avons un découpage en gros chapitre par personnage, et pas ici).

La trame principale suit les efforts du chef de la sécurité d’une très grande entreprise pour éviter que son président ne soit assassiné par ses concurrents ou par un état auquel il a déplu, chose courante à cette époque… Les autres héros gravitent pour la plupart autour de cette histoire, que ce soit la jeune femme que le président rencontre (est-elle dangereuse ?), un tueur japonais, le président des USA devenus une nation hyper-religieuse, une policière mêlée à une sombre affaire d’espionnage high-tech concernant une technologie baptisée Fantôme

Mélange de dystopie, de politique-fiction, de critique acerbe des dérives du monde moderne, de son mercantilisme et des extrémismes religieux, Panchard tape à tour de bras sur plusieurs sujets, sans mâcher ses mots. Volontiers provocateur, son style caustique est jubilatoire. Même si j’ai trouvé que sur ce plan Heptagone est encore meilleur…

Malgré la technologie, l’humain reste cependant au coeur de l’histoire avec une place importante accordée aux sentiments et à la mémoire. Depuis ma précédente lecture de l’auteur, j’ai découvert et apprécié Georges Panchard, je ne peux donc que conseiller de lire Forteresse puis d’enchaîner avec Heptagone.

Merci à Ailleurs et Demain pour l’envoi !

A lire aussi les avis de:

CITRIQ

Heptagone – Georges Panchard

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Présentation

Alors qu’il parait dans quelques jours en librairie, j’ai pu lire Heptagone grâce à la complicité de son éditeur. Voilà un livre qui m’a permit de découvrir un auteur francophone peu connu, Georges Panchard. Et le moins qu’on puisse dire est qu’il gagne à être lu !

Résumé (source éditeur)

Sept personnages, comme les côtés d’un heptagone. Le roman cerne un avenir à trente ans, de nos jours à 2040, et s’intègre à celui décrit dans Forteresse.
Les transnationales sont devenues des entités quasi-féodales. Entre elles, la lutte n’est plus seulement économique, mais également armée. La sécurité, tant informatique que physique, devient essentielle si bien que les directions se retranchent dans des forteresses comme celle de Haviland Corporation, Castell One, au coeur de l’Andalousie (son président y sera assassiné en 2039 bien que la demeure soit réputée inviolable, dans Forteresse.) Ces transnationales disposent d’armées privées comme celle que dirige Adrian Clayborne pour le compte de Haviland. (…)

Ces destins enchevêtrés dressent, dans une atmosphère de thriller, le tableau d’un avenir aussi angoissant et terrifiant que passionnant. La technique littéraire de Panchard, déconcertante à première vue, qui éclate sa description en scènes dispersées dans le temps et l’espace, a toute la précision d’une montre suisse. Même si Heptagone peut se lire indépendamment de Forteresse, les deux romans se complètent. Forteresse est situé sur deux années : 2038 et 2039, tandis qu’Heptagone s’étale sur trois décennies, relatant le parcours de chacun des sept protagonistes.

L’auteur (source éditeur)

Georges Panchard est né en 1955 à Fribourg. Juriste auprès de la Direction de l’aéronautique civile suisse, il est l’auteur de nouvelles qui ont régulièrement reparu dans les meilleures anthologies, et d’un roman publié en 2005 dans la collection « Ailleurs et Demain » : Forteresse.

Mon avis

Plus qu’un roman, Heptagone m’apparaît comme un recueil de nouvelles. Situées dans un futur proche, ces sept histoires, de longueur et d’intérêt variable, s’intéressent à des personnes plus ou moins simportantes. On y croisera ainsi notamment une policière italienne, un chef de sécurité d’une multinationale, un assassin japonais ou le bras droit du président des Etats-Unis. La construction des récits est identique, mêlant passé et présent, par petits chapitres, ce qui m’a évoqué l’image d’un peintre ajoutant de petites touches successives pour compléter son tableau.

Passé cet aspect, qui nécessite de bien faire attention aux dates mentionnées, c’est le fond qui est intéressant. Panchard nous décrit un futur dystopique où la religion a une place importante. Aux Etats-Unis hyper-chrétiens, un président a été élu et a transformé son pays peuplé d’obèses en Etats Bibliques (excepté New York et la Californie qui ont fait sécession !). Quitte à « guider » le Seigneur pour conforter ses idées… Tandis que des américains se réfugient en Europe pour fuir cette omniprésence de la religion, qui peut même nuire à leur carrière professionnelle.

En Europe, une guerre civile a permis de chasser les musulmans, guerre menée par des civils devant la passivité de leurs gouvernements n’osant pas prendre de décision face à cette « invasion rampante ». Et nous connaîtrons ainsi une policière, soldate improvisée, qui se trouve mêlée à une tentative d’assassinat sur le Pape.

Si Georges Panchard critique vertement les religions et leurs excès, il n’épargne pas les entreprises multinationales. Alors que les états ne se battent plus entre eux, les sociétés se livrent à des affrontements armés, à coup de roquettes, mines et mitrailleuses. Ainsi, répondre à un appel d’offre peut se transformer en déclaration de guerre, et les dirigeants, retranchés dans des bunkers, embauchent des assassins pour supprimer leurs concurrents…

Les différents récits du roman dépeignent donc sans ménagement une réalité qui, malgré ses extrêmes assumés, n’est pas sans rappeler fortement certains aspects de la nôtre. Georges Panchard a une sacré plume, bien affûtée et ses récits sont intéressants, même s’ils ne sont pas tous du même niveau (celui sur Mitchell m’a paru assez anecdotique).

Par contre, je pensais que les différentes pièces du puzzle se mettrait en place pour former un tout, rendant Heptagone indépendant de Forteresse, le précédent roman de l’auteur. Il n’en est rien, c’est bien là ma seule déception au sujet de ce livre. Ses histoires viennent compléter le précédent, et étoffer le même univers. Commencer par Forteresse me semble donc tout indiqué pour profiter au mieux de l’histoire, il me tarde maintenant de le trouver, d’autant que les critiques de mes collègues blogueurs du Planète SF semblent confirmer tout le bien que je pense de Georges Panchard…

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