Ereader vs Book : the final countdown

ebooksJe reprends à mon compte (enfin !) ce TAG que j’ai vu passer notamment chez Lutin82/Albédo, afin de causer de lecture numérique (mais pas que).

Pourquoi la lecture numérique ?

Comme tout lecteur régulier, je suis confronté à plusieurs problèmes mais celui qui m’a convaincu de tenter la lecture numérique est lié à une anecdote de vacances.

Hors donc, il y a quelques années, nous sommes partis en famille pour les vacances d’été, au bord de l’océan. A quatre, nous avions prévu un sac de sport ! J’avais pour ma part privilégié les poche(s) afin de gagner un peu de place. Et au bout d’un moment, je me suis retrouvé à court de livres… Impossible de trouver quelque chose de potable en maison de la presse (la SFFF n’étant guère prisée l’été en bord de mer, visiblement) c’est le bouquiniste d’un marché local qui m’a sauvé d’embarras. Parce que je ne lis quasiment jamais rien qui ne soit de l’Imaginaire (chacun ses vices !).

Autre facteur (aggravant) : le manque de place à la maison qui me conduit à avoir des cartons de livres dans le garage, livres que je ne relirais vraisemblablement jamais.  Quel intérêt, dans ce cas, d’entasser et de monopoliser des mètres carrés/cubes ? Il faut dire aussi que j’ai plusieurs bibliothèques de comics (et pas mal de cartons de revues également), ce qui ne facilite pas les choses…

J’ai donc revu ma façon de lire, après avoir eu une tablette. Car oui, je ne suis pas passé à la liseuse, dont j’entends néanmoins le plus grand bien, ne voulant pas multiplier les appareils. Je me contente de ma tablette (qui me permet de faire bien d’autres choses que lire) et de mon smartphone, synchronisant les deux comme je l’ai expliqué par ici (c’est le même principe pour ceux qui utilisent Kindle, l’application du Grand Satan).

Avantage : je pars ainsi en vacances, ou en déplacement – ce qui m’arrive assez régulièrement, avec plusieurs livres (mais aussi des films, de la musique, un accès internet etc…), sans plus risquer de tomber en panne – à part de batterie, ou en tout cas j’ai la possibilité d’acheter en quelques clics et quelques secondes de nouveaux livres. Et je ne garde dans ma bibliothèque papier que les livres auxquels je tiens vraiment, par souci de collection, parce qu’ils sont beaux, par affection, ou encore ceux qui sont dédicacés. Exit donc les livres que  je doute de relire, ceux qui m’ont peu plus : ceux-là je les revends ou les donne. Au pire, je pourrais toujours les racheter en numérique dans le cas – bien improbable – où je souhaiterais les relire.

Premier tome lu en epub puis racheté en papier, le second tome risque de suivre le même chemin…

Pourquoi avez vous choisi cette marque et pas une autre ?

Pas de réponse précise à apporter, vu que j’utilise un iPad mini que l’on m’a offert et pas une liseuse. Par contre j’insisterai sur cet aspect (le fameux terme « mini »), car pour moi, le format est important. En effet, un iPad mini a un écran de 8 pouces environ (soit un appareil à 20 x 13,5 cm environ), ce qui fait de lui l’équivalent en taille d’un livre grand format standard, avec une épaisseur largement moindre. Une taille qui me convient tout à fait pour garder un aspect nomade pratique. C’est d’ailleurs à peu près celle des Kindle et  c’est un peu plus grand que les Kobo.

Que pensez-vous des DRM ?

Qu’ils sont inutiles, obsolètes, et qu’ils incitent au piratage ?  J’ai l’air d’exagérer (ou pas) mais à l’heure du numérique, protéger un livre par un DRM, c’est comme essayer de protéger un fichier MP3. Cela se craque en quelques secondes (Google est ton ami si tu ne sais pas faire), cela gêne le passage d’un appareil à l’autre, et personnellement j’ai aussi choisi de ne pas prendre une liseuse pour ne pas me sentir ficelé par une marque ou un format. Je n’utilise donc que des ePUB sans DRM, et il y a heureusement de nombreux éditeurs de l’Imaginaire qui ont compris qu’ils vend(r)aient plus de livres non verrouillés  que de « bloqués ». Je ne jette pas forcément la pierre, je sais qu’il y a des questions de droits imposés sous-jacents qui dépendent de plusieurs acteurs, mais c’est pour moi contre-productif. Certains voudraient protéger leur catalogue papier et ne pas passer au numérique qu’ils ne s’y prendraient (vainement) pas autrement !

Que pensez-vous du piratage ?

Etant un lecteur assez assidu, je pense que chacun doit trouver son compte dans son activité, je suis donc contre le piratage. Je ne parle pas du prêt ponctuel d’un livre à un ami mais bien d’une pratique de masse à laquelle certains se livrent plus par boulimie que par réelle envie de lire ou par manque de besoins financiers. Je ne suis pas un saint non plus, je regarde parfois des séries ou des films sans les payer mais je pense être devenu de plus en plus sensible au fait de rémunérer les créateurs, et vu ce que semblent toucher les auteurs de l’Imaginaire (au moins les francophones avec lesquels j’ai plus de liens et d’affinités), il me parait normal et salutaire de participer. Et j’ai l’impression que les lecteurs passionnés que je côtoie ne sont pas de vilains profiteurs mais ont les mêmes sentiments que moi sur le sujet.

Les ebooks : trop cher ou pas assez ?

Certains éditeurs semblent ne pas vouloir promouvoir le numérique. C’est leur droit, même si cela ne m’arrange pas forcément. D’autres veulent bien publier en numérique, mais à des prix proches de ceux du papier.

Bah quoi, y a une version ebook moins chère, de quoi tu te plains, lecteur ingrat ?

Certes, il y a dans un livre bien autre chose que la valeur de l’objet lui-même (après tout, si je paye 10 euros une place de cinéma, je n’ai rien de matériel dans les mains à la fin de la séance). Mais cela me choque toujours de voir un livre numérique plus cher qu’un livre de poche, qui est pour moi un « étalon de mesure ». On pourra objecter que revendre un livre papier ne rapporte pas grand chose, mais j’ai du mal psychologiquement à payer un fichier numérique autant, voire plus cher, qu’un livre papier (format poche, j’insiste car le GF est encore un autre sujet).

Cherchez l’erreur !

Je ne suis pas spécialiste de la structure des coûts dans les deux cas, et je sais bien qu’un ebook représente aussi un investissement certain, mais je pense qu’on devrait trouver un équilibre entre éditeurs et lecteurs pour améliorer les bénéfices de l’un et faire payer moins l’autre. La plupart des éditeurs dont je lis les livres me semblent avoir compris cette logique et sont raisonnables dans leurs pratiques (et en plus ils font des promos régulièrement, ce qui ne gâte rien, j’en profite d’ailleurs pour acheter des livres que je n’aurai pas testé en temps normal au prix habituel,et d’autres… que je ne lirai sans doute jamais !).

A noter aussi que le numérique permet de donner une chance à un livre qui serait déficitaire en version papier, ou de rendre plus accessible des fonds de catalogue et des classiques oubliés. Amis éditeurs, pensez-y !

Les qualités et défauts de la liseuse

Bon, il est clair que le grain du papier, l’odeur du livre, la belle couverture, le fait de feuilleter et d’intercaler un joli marque-page, l’aspect collection sur l’étagère, les signets, embossages, illustrations intérieurs éventuelles, tout ça est oublié avec la liseuse. Mais question gain de place, surlignage, prise de notes, dictionnaire, stockage etc… c’est que du bonheur (je ne prends que rarement des notes avec un livre papier, mais je surligne souvent des passages sur le numérique). Seul bémol : les notes de bas de page renvoyées en fin de chapitre qui obligent à des aller-retours pas toujours bien étudiés par l’éditeur.

Par contre, je rêve d’une vraie utilisation multimédia du livre numérique qui est actuellement  (pour simplifier) une simple transposition électronique du livre papier. Liens hypertextes, musique, images, sons, il y a encore tant de choses encore à inventer…

Conclusion

Après moultes réflexions, voici globalement comment je raisonne maintenant pour  mes achats de livres.

Pour le numérique, je privilégie une seule plate-forme qui me permet de savoir si je  les ai déjà ou pas (malgré ma « vigilance perfectible », j’ai déjà acheté plusieurs fois le même livre…). Je les stocke sur Google Drive et les transfère dans Google Play Livres qui me permet d’y accéder sur tablette et en dépannage sur smartphone (la lecture n’y est pas géniale mais au moins je l’ai toujours sur moi).

Pour les livres papier, je prends les belles éditions, celles qui complètent une collection, les livres que je veux faire dédicacer, ceux sur lesquels je craque quand je les ai en main (bah oui, je suis faible, parfois), et j’essaie d’acheter au maximum en salon/festival chez l’éditeur directement, ou chez un libraire indépendant de bon conseil et sympathique. Par facilité ou flemme ou en groupant d’autres achats, il m’arrive également d’acheter sur Amazon, mais je me soigne.

Je ne crois pas une minute que l’ebook supplantera le papier, pas à court ou moyen terme en tout cas, et je pense que les éditeurs l’ont compris. On voit fleurir des financements participatifs, des livres collectors, des éditions luxe… (et malgré le MP3 et le piratage dans la musique, les vinyls reviennent en force, pensez-y). Et puis nous abordons ici le microcosme de la SFFF, je doute que les autres genres (polar, historique, essais…) soient aussi concernés par cette question de la lecture numérique.

Ma conclusion est donc… de ne pas choisir, mais de prendre le meilleur des deux mondes, et surtout, surtout, de prendre du plaisir dans mes lectures, quelque soit le support.

Vous voulez reprendre ce TAG à votre compte ? Allez-y, ça m’intéresse !

Lire aussi l’avis de Lutin82 – Chien Critique – Nevertwhere – RSF blog – …

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15 réflexions sur “ Ereader vs Book : the final countdown ”

  1. Je suis tout à fait d’accord avec toi, même si je n’utilise pas trop ma liseuse (j’en ai une qu’un collègue m’a donnée, un modèle pas tout jeune mais qui marche). Mais quand je le fais je trouve ça très pratique, surtout que je lis souvent dans le train et les livres ça pèse lourd dans le sac! Après les beaux livres c’est top et j’adore les avoir en main.
    Très bon article en tout cas!

  2. Pour ma part, c’est à la fois un problème de plus en plus préoccupant de place et les avantages en terme de prix (notamment lors des opérations promotionnelles effectuées par Bragelonne) qui m’ont fait basculer à la lecture numérique. Et comme toi, je n’achète en version physique que si je n’ai pas le choix (pas de version dématérialisée), si l’édition en question a une esthétique qui me plaît ou pour compléter une collection déjà lourdement commencée en version physique.

  3. Ce tag est très cool, c’est intéressant de voir le rapport que les autres ont à la lecture numérique.
    Je l’ai qui traine dans un coin depuis un moment, je vais essayer de le faire 🙂

  4. J’ai commencé à répondre à ce tag, il va falloir que je le termine un de ces jours, mais j’ai l’impression que je ne vais rien apporter de nouveau, nous sommes tous d’accord… mais c’est toujours sympa à lire !
    TAG à faire tourner chez les éditeurs…

  5. Très bel article. Je ne peux que te rejoindre sur ce que tu écris.
    Heureusement, la plupart des éditeurs du numérique ont bien compris, mais il faudrait que ce soit une démarche globale.

    Et pour moi, liseuse ou papier, n’est pas une question exclusive, je lis les deux. Le numérique me permet de découvrir des titres que je n’aurais pas forcément considéré sous format papier.
    Merci

    1. Je ne suis pas du tout d’accord avec toi… quelques éditeurs imaginaires ont compris et les plus gros editeurs (Gallimard, Flammarion, Hachette, Actes Sud…) ont compris mais se foutent de leurs lecteurs !

      1. Effectivement, tu es dans le vrai. C’est une question de respect. Du coup je reformule. Quelques éditeurs de l’imaginaire (pas mal) respecte leur lectorat globalement, les plus gros le considèrent comme des vaches à lait. Du coup, la question du piratage pourrait prendre une autre tournure, si ce n’étaient les droits d’auteurs.

        1. Il y a de ça (la peur du numérique qui va tuer les ventes de papier, au secours !) mais aussi des accords avec les agents des auteurs étrangers qui imposent des DRM pour que l’éditeur français ait les droits. Ça peut faire partie de la négociation. Je ne suis pas spécialiste, il y a sans doute plein de raisons y compris qu’on ne soupçonne pas, n’empêche que c’est pénible et dissuasif pour le lecteur.

  6. J’aime beaucoup cette conclusion tout est dit
    Au départ j’avais pris une liseuse par manque de place en bibliothèque et dans l’optique de n’acheter que le top du top
    J’ai échoué lamentablement en raison de chèques cadeaux d’entreprise mais cette année en préparant les salons j’ai renoué avec ce désir et je m’y tiens plutôt bien 😊

  7. Intéressant ton retour. Ca ne te fatigue pas trop de lire sur tablette ? (en général mes yeux crient au supplice le soir quand je passe trop de temps à lire des articles sur internet).

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