Bifrost 86 : Richard Matheson

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J’ai peu lu Richard Matheson mais j’ai le souvenir d’avoir été marqué il y bien longtemps par La Maison des Damnés (à une époque où je lisais pas mal de littérature de fantastique et d’horreur, ce qui m’a passé depuis), et j’ai quand même un recueil de lui dans ma PAL…

Au menu, donc, biographie de l’écrivain, texte de sa main sur ses raisons d’écrire, deux entretiens réalisés en 2004 et 2005 et un guide de lecture de ses oeuvres ainsi qu’une très (très) longue bibliographie. Egalement un focus sur Je Suis Une Légende et ses trois adaptations, peu convaincantes selon l’auteur de l’article, au cinéma. Et un long parallèle entre La Maison Hantée de Shirley Jackson et La Maison des Damnés de Matheson, jusqu’à un prolongement chez Stephen King avec Shining. On découvrira aussi que Matheson a écrit des polars (dont certains adaptés au cinéma), des scénarios de séries ou de films (The Twilight Zone à la télé ou le Duel de Spielberg, et même les Dents de la Mer  3 (sic), entre autres) et 172 nouvelles, quand même !, dont une grande partie disponibles en 3 tomes chez J’Ai Lu.

La rubrique Scientifiction reprend la suite du livre consacré aux aspects scientifiques (ou pas) de Star Wars par Roland Lehoucq, et le complète en traitant cette fois du Réveil de la Force et de ses nombreuses aberrationnalités 🙂

Les autres rubriques habituelles sont bien sûr là, et c’est une traductrice, Michelle Charrier, qui nous parle de son métier et qui a notamment travaillé sur du Christopher Priest ou du Glen Duncan.

Côté nouvelles, c’est un peu « spécial », avec une longue novella (près de 50 pages) de Laurent Genefort et une très courte nouvelle (moins de 4 pages !) de Richard Matheson. Assez déséquilibré, non ?

Genefort nous raconte une histoire qui se situe dans le monde d’Omale, une immense sphère de Dyson dont trois races habitent l’intérieur (voir mon avis sur le premier tome de l’intégrale par ici). L’héroïne est une humaine, la femme d’un magistrat, tombée amoureuse d’un hodgqin (un bipède avec 3 paires de bras, des évents respiratoires dans le cou, 4 pédoncules oculaires et des squames sur tout le corps – eh oui). Son mari la traîne en justice pour divorcer, récupérer la garde des enfants, et la déchoir des droits de la race humaine, puisqu’elle veut vivre avec une créature qui n’en est pas. Le tout sur fond d’un Carnaval qui commence. On suivra donc en parallèle du procès les… processions (uh uh), et les difficultés pour faire reconnaître l’amour pour ce qu’il est, avec une créature si différente, alors que l’équilibre de vie entre les 3 races est toujours fragile. Et puis bien sûr le Carnaval, période de déguisement, d’amusement, de liberté mais aussi symbole de renouvellement. Un écho aux difficultés de l’héroïne et à son choix de privilégier l’amour au delà de toute chose, et un texte réussi de Laurent Genefort (en même temps, avec lui…). Mais que j’ai juste un peu de mal à trouver à sa place dans ce numéro.

Le court récit de Matheson, titré Journal d’un monstre, est un classique absolu et n’a rien perdu de sa force et de l’horreur qu’il suscite. Et la preuve, s’il en est encore besoin, que les auteurs d’une certaine époque arrivaient en une économie de moyens et de pages à raconter autant, voire plus, que de nombreux écrivains actuels… (d’où un certain challenge de lecture célébrant les livres de moins de 350 pages, ça vous dit quelque chose ?). J’aurais bien aimé en avoir plus dans ce numéro, ou des textes proches de cette thématique.

Un numéro qui me fait penser à ressortir de ma PAL le recueil FolioSF composé de Je Suis Une Légende, L’Homme qui Rétrécit et Le Jeune Homme, la Mort et le Temps.

#Bifrost #Bélial #Matheson #foliosf

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Le prochain numéro sera consacré à Jean Ray.

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4 réflexions sur “ Bifrost 86 : Richard Matheson ”

  1. Je n’ai pas lu toute ta critique pour ne pas me spoiler 😉 J’ai simplement entamé ce numéro avec la nouvelle de Genefort – dont je n’ai rien lu jusqu’à présent. Passé les louanges du Bifrost en intro, je m’attendais à un truc exceptionnel. C’est agréable à lire et bien écrit, mais je suis quand même resté sur ma faim, petit sentiment d’inachevé au final. Et pourtant ça m’a quand même donné envie de découvrir Omale 🙂

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