Luna – tome 2 : Lune du Loup – Ian McDonald

Je démarre mes bonnes résolutions de l’été avec la saga de Luna, par Ian McDonald, une série que j’ai commencé en avril 2017 (avec le tome 1, avis à lire par ici) et que je n’ai pas poursuivie jusqu’à maintenant malgré le fait que j’ai acheté les livres à leur sortie ! La trilogie étant complète depuis un moment, au point que deux tomes sont déjà repris en poche, il était temps de la lire enfin, et j’ai commencé par reprendre le premier tome, toujours aussi bon, avant d’enchaîner avec les deux suivants dans la foulée. Voici donc mon avis sur le tome 2, Lune du loup.

Résumé

(source éditeur)

Sur la Lune, deux ans après les événements qui ont précipité la chute de la famille Corta, les Mackenzie se sont approprié les restes de leur entreprise. Il n’y a donc plus que quatre « Dragons », ces consortiums familiaux qui se partagent l’exploitation des ressources lunaires et, donc, le pouvoir. Pourtant, les Mackenzie se déchirent sur les cadavres encore frais de leurs ennemis de toujours. Les Sun continuent, discrètement, à élaborer des plans visant à affaiblir leurs adversaires. Les Vorontsov vendent toujours leurs indispensables services au plus offrant. Et les Asamoah tentent tant bien que mal de préserver leur neutralité de façade. Mais le statu quo, même sous gravité réduite, n’est jamais acquis. D’autant que les rares survivants de la famille Corta – blessés, en fuite ou sous la protection d’autres Dragons – n’ont pas dit leur dernier mot. Avec le deuxième tome de sa trilogie, Ian McDonald continue, sans temps mort, l’exploration minutieuse de sa colonie lunaire, nouveau Far West où tous les coups (bas) sont permis

Editeur : Denoël coll. Lunes d’Encre – Traduction : Gilles Goullet – Date de parution : 12/09/2018 – 432 pages – en poche chez FolioSF depuis 03/2021

L’Auteur

(source éditeur)

Ian McDonald est né en 1960, à Manchester. C’est l’un des auteurs de science-fiction les plus talentueux et les plus récompensés. Il est notamment connu pour son roman Le fleuve des dieux qui a reçu de nombreux prix. Ian McDonald vit à Belfast avec sa femme.

Mon avis

Forcément, je vais divulgâcher le tome 1 dans cette chronique, lisez-la donc à vos risques et périls !

La famille Corta a été décimée à la fin du premier tome : la doyenne Adrianna est décédée et presque tous ses fils ont été assassinés par leurs ennemis. Deux ans après, le schéma se reproduit avec une autre extermination de masse, celle des Mackenzie, responsables des malheurs des Corta (et qui avaient absorbé la production d’hélium 3 de ces derniers) dont la ville-fonderie, Creuset, se retourne contre eux et les carbonise suite à une réorientation de ses miroirs solaires. Les fils qui en réchappent se déchirent ensuite pour récupérer les lambeaux de l’empire du patriarche.

On apprend alors par des flashbacks qui tire les ficelles dans l’ombre de la Lune, ou plutôt de la Terre car c’est là que Lucas Corta, aidé par les Vorontsov qui monopolisent les trajets spatiaux et après un long et douloureux entraînement, a trouvé des alliés dans sa quête de vengeance. Les gouvernements et sociétés terriennes aimeraient bien mettre la main sur les ressources lunaires, et Lucas va aussi trouver un soutien en Alexia, une jeune femme de sa famille, ambitieuse et dure, qui va devenir sa main droite, sa Main de Fer.

Corta toujours, nous retrouvons Ariel, handicapée suite à la tentative de meurtre dont elle a été victime, et qui vit une relation compliquée avec Marina. Ariel supporte mal son infirmité mais aussi sa déchéance sociale et professionnelle, elle qui ne vit maintenant plus que de petits contrats de mariage minables et a sombré dans l’alcool. Wagner est tiraillé entre ses deux natures et vit une existence mouvementée. Les autres Corta de la jeune génération ne sont pas en reste. Lucasinho et Luna sont réfugiés chez les Asamoah tandis que Robson est dans la famille de sa mère, les ennemis jurés Mackenzie.

Ian McDonald manie avec brio les différentes familles et factions qui interagissent sur la Lune, au risque de perdre parfois son lecteur parmi la multitude de personnages. J’ai bien fait de relire le premier juste avant et le dramatis personae aide bien aussi car, outre les Corta et les Mackenzie, il y a aussi les autres familles qui sont toutes entremêlées par des relations complexes. Des contrats négociés concernant le mariage, exclusif ou pas, consommé ou pas, et les enfants qui en sont nés et servent à la fois de liens, de moyen de pression ou d’otages selon des coutumes quasi-médiévales. Ici revues à la mode judiciaire de la Lune, où tout est affaire de négociation.

Au chapitre des défauts, j’ai noté un certain nombre de personnages qui au final ne serviront pas à grand chose (je peux le dire d’autant plus que je rédige cette chronique après avoir lu le tome 3), des longueurs et digressions qui font passer rapidement sur certaines pages (je pense notamment à toi, Lucasinho , qui nous saoule avec 3 pages sur la pâtisserie en pleine échappée lunaire), des scènes de sexe racoleuses et inutiles à l’histoire (avec un fétichisme sur l’épilation) et une redondance dans certains gimmicks de l’auteur. La mode en vigueur (qui change régulièrement mais est surtout orientée années 1940) est assez ridicule dans un contexte lunaire et nécessite pas forcément l’énonciation détaillée des vêtements et marques. Les habitudes de décrire et faire boire des cocktails aux personnages à longueur de page sont aussi répétitives.

Heureusement, le talent de conteur de McDonald fait le job, et surtout le parcours difficile de Lucas Corta, obligé de s’adapter à une arrivée sur la Terre puis de braver tous les dangers pour retourner sur la Lune, est passionnant. Je suis un peu plus dubitatif sur le personnage d’Alexia, qui arrive trop facilement dans l’histoire et rejoint la galerie des femmes fortes (mais très semblables) du récit. Au moins nous permet-elle de montrer la vie sur une Terre d’un futur proche, malmenée et bien peu attractive, au point que certains lui préfèrent la difficile vie sur la Lune. Mais pas tou(te)s…

Complots, menaces, trahisons sont encore une fois au menu de ce second tome qui, s’il souffre d’un délayage imposé sans doute par le passage à une trilogie là où deux tomes seulement avaient été prévus, reste d’un très bon niveau. Avant une conclusion qu’on espère brillante…

A noter aussi la belle couverture de Manchu qui illustre bien une des scènes du livre.

trilogie Luna de Ian McDonald

9 commentaires sur “Luna – tome 2 : Lune du Loup – Ian McDonald

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