Cthulhu : Le Mythe – Livre I – Howard Phillips Lovecraft

Cthulhu : Le Mythe - Livre I - Howard Phillips Lovecraft

On continue le cycle de lectures de Cthulhu avec les écrits du Maître de Providence dans ce premier tome paru chez Bragelonne en 2015.

Résumé & Auteur

(source éditeur)

Howard Phillips Lovecraft est sans nul doute l’auteur fantastique le plus influent du XXe siècle. Son imaginaire unique et terrifiant n’a cessé d’inspirer des générations d’écrivains, de cinéastes, d’artistes ou de créateurs d’univers de jeux, de Neil Gaiman à Michel Houellebecq en passant par Metallica.
Le mythe de Cthulhu est au cœur de cette oeuvre : un panthéon de dieux et d’êtres monstrueux venus du cosmos et de la nuit des temps ressurgissent pour reprendre possession de notre monde. Ceux qui en sont témoins sont voués à la folie et à la destruction. Les neuf récits essentiels du mythe sont ici réunis dans une toute nouvelle traduction.
À votre tour, vous allez pousser la porte de la vieille bâtisse hantée qu’est la Maison de la Sorcière, rejoindre un mystérieux festival où l’on célèbre un rite impie, découvrir une cité antique enfouie sous le sable, ou échouer dans une ville portuaire dépeuplée dont les derniers habitants sont atrocement déformés…

Sommaire :

  • Introduction par Jérôme Bouscaut
  • La Cité sans nom
  • Le Festival
  • L’Appel de Cthulhu
  • L’Horreur à Dunwich
  • Celui qui chuchotait dans le noir
  • Le Cauchemar d’Innsmouth
  • La Maison de la Sorcière
  • Le Monstre sur le seuil
  • Celui qui hante les ténèbres

Editeur : Bragelonne – Traduction : Maxime Le Dain, Sonia Quémener – Date de parution : 21/10/2015 – 432 pages

Mon avis

La Cité sans nom. Un récit qui aurait mérité d’être un peu élagué, mais qui est intéressant par le côté « dépaysant » (une cité maudite au coeur du désert) et son aspect « préhistorique » (un mystérieux peuple antique qui connu grandeur et décadence avant notre ère). On y trouve également la première mention de l’arabe dément Abdul Alhazred, mais pas de son Necronomicon que H.P.L. n’avait pas encore inventé. Par contre, sa fameuse citation est bien là : N’est pas mort ce qui à jamais dort. Et au fil des âges peut mourir même la mort. Des noms ou termes que l’on retrouve ici ou là dans les récits ultérieurs. Les bases du Mythe…

Le Festival. Un homme arrive pour une réunion familiale dans la petite ville sinistre de Kingport. C’est la Yule (période païenne de Noël) et il suit un étrange vieillard sur un lieu de culte où bon nombre des habitants se rassemblent… Une sorte de version précoce pour Le Cauchemar d’Innsmouth, sans doute, avec une lente montée dans l’horreur très maîtrisée.

L’Appel de Cthulhu. Récit mythique, que j’ai déjà chroniqué dans sa version superbement illustrée par François Baranger dans cet article. Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn

L’Horreur à Dunwich. ou L’Abomination de Dunwich. Le rejeton des Whateley, curieusement précoce pour son âge et au physique… particulier, se livre à des recherches qui pourrait bien faire venir sur Terre une créature pas vraiment bienveillante. Heureusement, le bibliothécaire flaire les soucis et s’oppose à lui, avant de découvrir l’ampleur de l’horreur dans la maison familiale. Un scénario classique de jeu de rôle, avec un « investigateur » actif, ce qui divise les experts mais qui m’a bien plu même si les surprises ne sont pas vraiment au rendez-vous.

Celui qui chuchotait dans le noir. ou Celui qui chuchotait dans les ténèbres. Un long récit épistolaire qui démarre suite à des inondations dans le Vermont, charriant des corps plus qu’étranges, et qui conduit le « héros » (au sens de HPL, donc le narrateur !) à entretenir une correspondance avec un interlocuteur qui le met progressivement sur la piste d’êtres particuliers relativement hostiles, avant de finalement essayer de le convaincre d’autres intentions. Bien sûr, le lecteur est moins naïf que le personnage principal, et la confrontation est inquiétante à souhait (d’où le titre !). Et il y a même un côté science-fiction très spécial et spatial…

Le Cauchemar d’Innsmouth. Quelle idée que d’aller visiter le port de pêche d’Innsmouth, peuplé d’habitants dégénérés affectés d’une bien étrange maladie de peau ! Si elle ressemble par bien des aspects au Festival, la nouvelle va plus loin dans les descriptions et dans la montée progressive vers l’horreur, au hasard des rues d’Innsmouth, en discutant avec l’ivrogne du coin (saoulé comme il se doit pour le faire parler), et lors d’un séjour dans le miteux hôtel du coin, qui va se révéler plus qu’inhospitalier ! Là encore, le lecteur verra arriver les ennuis bien avant le narrateur, décidément bien crédule (reflet de l’époque et/ou du style ?). Et après cette virée dans l’angoisse et une fuite échevelée vient le moment de la choquante révélation finale !

La Maison de la Sorcière. Là encore, le narrateur cherche les ennuis en allant loger dans la maison, et même la chambre, d’une sorcière pourtant bien connue de la région. Il ne faudra pas s’étonner que son « assistant », un rat à visage curieusement humain, apparaisse ni faire des rêves étranges qui virent au cauchemar cosmique. La nouvelle mêle sciences (ici les fameuses mathématiques à la géométrie non euclidienne) et épouvante (la sorcière, l’homme noir), un mélange assez incongru (où le fameux Mythe n’a guère sa place malgré la présence d’un de ses représentants les plus célèbres) mais finalement plutôt réussi.

Le Monstre sur le seuil. ou La Chose sur le Seuil. Une phrase d’accroche de toute « beauté » (« S’il est vrai que j’ai logé six balles dans le crâne de mon meilleur ami, j’espère par la présente déclaration démontrer que je ne suis pas son assassin.« ), un récit résumé dans les premières lignes puis développé ensuite (un procédé éprouvé chez Lovecraft) et bien sûr des surprises et révélations tout au long de l’histoire, ce fameux monstre – mais pas que – se révélant angoissant à souhait même si là encore le narrateur joue son rôle de naïf. Pour mieux nous surprendre.

Celui qui hante les ténèbres. ou Celui qui hantait les ténèbres. La dernière nouvelle écrite par Lovecraft met en scène, sous une forme altérée, son ami Robert Bloch (à qui on devra plus tard Psychose) ! Une église abandonnée, un clocher poussiéreux où l’on trouve un artefact étrange, des rituels d’invocation… Rien de bon ne peut sortir de tout ça, surtout quand la tempête éclate et qu’une panne d’électricité prive la ville de Providence de la seule chose qui semble pouvoir retenir l’entité prisonnière : la lumière.

Des nouvelles à déguster à petites doses qui manquent parfois de surprise à notre époque (le temps et les lectures sont passées par là) mais qui sont toujours, ou presque, de qualité. Je ne reviendrai pas sur le manque de personnages féminins, ou le racisme latent de Lovecraft (et/ou du lieu et de l’époque) pour en retenir surtout des récits aux confins de l’horreur, du fantastique voire de la SF. Et le fameux Mythe n’est jamais autant réussi que lorsqu’il évoque des créatures cosmiques indifférentes à la pathétique et fugace espèce humaine !

Ce premier tome se termine par un portfolio « Les terres de Lovecraft en images » constitué de photos, noir et blanc bien sûr, des lieux réels ou supposés qui apparaissent dans les textes précédents (qui contiennent d’ailleurs parfois des notes ou plans signés H.P.L.). Un complément intéressant et bien trouvé pour mettre dans l’ambiance (ou inspirer une partie de jeu de rôle) ! Trois autres tomes existent, je me les procurerai peut-être mais je dispose aussi d’anciens recueils qui peuvent faire doublon.

A noter que cet ouvrage avait été coédité par les éditions Sans-Détour qui disposaient à l’époque de la licence pour le jeu de rôle L’Appel de Cthulhu. D’où la couverture avec la très belle illustration de Loïc Muzyqui était aussi celle du Manuel du Gardien, réservé au maître de jeu.

D’autres avis

LorhkanNébal – …

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